"Le résultat des élections fédérales reste ouvert"

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A plus de six mois des élections générales, Uwe Andersen décrypte la situation politique dans une Allemagne frappée par une sévère crise économique.

La Tribune : Le parti libéral FDP a atteint 18% au niveau fédéral dans un sondage publié hier. Comment expliquer que la crise financière profite aux libéraux ?

Uwe Andersen : Les libéraux ne sont pas les représentants du néolibéralisme, mais les défenseurs du modèle allemand de l'économie sociale de marché, autrement dit d'une économie de marché ordonnée par l'Etat. Aujourd'hui, beaucoup de citoyens indécis se raccrochent à ce modèle allemand, ce qui profite au FDP.

Ce succès est-il durable ?

Lorsque l'on regarde les enquêtes d'opinion, on remarque que ceux qui ne sont pas satisfaits de la grande coalition, n'ont pas non plus une grande inclination pour une coalition entre le FDP et l'union CDU/CSU. Je suis donc très prudent sur le caractère durable de ce mouvement. Tout dépendra du comportement du FDP dans les semaines à venir.

Précisément, le FDP menace de faire échouer au Bundesrat, la chambre haute du parlement, le second plan de relance. Peut-il aller aussi loin ?

Aucun parti ne peut prendre le risque de faire échouer ce plan de relance et en endosser ensuite la responsabilité. Le FDP a tenté de peser sur ce plan en jouant de son poids au Bundesrat, mais les sociaux-démocrates ont refusé toute négociation avec les libéraux. C'est donc pour eux une sorte de défaite.

Cette critique ouverte au plan de relance a-t-elle été profitable au FDP ?

Le FDP a défendu l'idée que, malgré la crise, il fallait maintenir les bases de l'économie sociale de marché. Et que, pour cela, il ne fallait pas que quelques mesures conjoncturelles fassent peser un poids trop lourd sur les générations futures. On aurait pu croire que la peur de l'avenir profite aux extrêmes, de droite comme de gauche, mais c'est en fait le FDP, par son discours sur la nécessité de limiter la dette, qui en a profité.

Cette situation renforce-t-elle la position d'Angela Merkel ?

La position de la chancelière est difficile, car au sein de son parti, des voix se font entendre pour l'accuser de ne pas assez avoir peser dans le sens de la CDU au sein de la coalition. Selon eux, cela aurait apporté de l'eau au moulin du FDP. Par ailleurs, la position de l'Union dans les sondages n'est pas si forte et se situe clairement sous les 40%. En même temps, le succès du FDP assure une coalition où l'Union occupe la plus grande place et donc le maintien d'Angela Merkel à la chancellerie.

Le résultat de l'élection fédérale du 28 septembre est-il encore ouvert ?

Absolument. Les électeurs allemands sont très flexibles et très sensibles aux thèmes qui dominent l'actualité au moment du vote. Une forte hausse du chômage pourrait ainsi profiter au parti de gauche, die Linke, qui marque le pas actuellement, mais l'impact du chômage sur les électeurs est encore peu sensible.

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