Le "plus grand exercice démocratique du monde" démarre en Inde

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Les élections législatives indiennes ont démarré ce jeudi. 714 millions d'électeurs se rendront dans 828.000 bureaux de vote au cours d'un processus qui durera un mois. Le parti historique de centre gauche du Premier ministre Manmohan Sinh est donné gagnant, mais il devra compter avec la "reine des intouchables", Mayawati Kumari, et l'opposition du BJP, parti nationaliste hindou. La première étape du vote, qui a débuté ce jeudi dans les régions de l'est et du nord, est d'ores et déjà marquée par les insurrections des maoïstes.

L'Inde a démarré ce jeudi un marathon d'un mois pour des élections législatives. Vanté comme le "plus grand exercice démocratique au monde", elles s'échelonneront jusqu'au 13 mai, en cinq phases, afin de désigner les 543 députés de l'Assemblée du peuple (le "Lok Sabha") représentant les trente-cinq Etats fédérés et territoires de l'Union indienne.

Les chiffres, comme toujours quand il s'agit de l'Inde, donnent le tournis : 1,17 milliard d'habitants, 714 millions d'électeurs, 828.000 bureaux de vote et pas moins de 6,1 millions de policiers, soldats et observateurs civils en effectuant la surveillance.

La première étape de ce jeudi mobilise plus de 140 millions d'électeurs dans les régions de l'est et du nord du pays, parmi les plus pauvres et agitées par des insurrections maoïstes. Ainsi, au Jharkhand et au Bihar (dans l'est), des maoïstes ont tué depuis mercredi seize personnes, dont neuf paramilitaires chargés de protéger un bureau de vote.

Au Cachemire indien, en proie à une insurrection séparatiste islamiste, on attend également un scrutin sous très haute sécurité. Le pays garde aussi en mémoire les attentats de Bombay survenus en novembre et imputés à un groupe islamiste pakistanais.

Trois grands courants dominent l'échiquier politique indien, très éclaté (un millier de partis ont présenté des candidats). Le Congrès, parti historique de centre-gauche de la famille Gandhi, dont la tête de liste reste le Premier ministre, Manmohan Sinh, est pour l'heure donné gagnant par les sondages. En face, l'opposition de droite est incarnée par l'alliance menée par le BJP (Bharatiya Janata), parti nationaliste indou.

Il est probable qu'aucun des deux n'aura assez de sièges pour gouverner seul et ils devront compter avec un conglomérat de gauche tiré par le Parti communiste, auquel pourrait s'allier Mayawati Kumari, la "reine des intouchables", Premier ministre de l'Uttar Pradesh, au sud du Népal.

Cet Etat, qui vote jeudi, est le plus peuplé de l'Inde (182 millions d'habitants, 80 sièges à l'Assemblée) et aussi l'un des plus touristique. Il compte 20% de musulmans et se caractérise par une implantation très forte du parti des sans caste, le Bahujan Samaj Party. Mayawati Kumari pourrait ainsi devenir "la faiseuse de roi" pour le Congrès ou le BJP, ou même être la première "dalit" (intouchable) à occuper le poste de Premier ministre.

Le Congrès et le BJP ont eu beau faire campagne sur des enjeux nationaux - impact de la récession en Occident, lutte contre la pauvreté, infrastructures, éducation ou combat contre le terrorisme - le vote se détermine sur des enjeux locaux et régionaux, observent des politologues.

"La tragédie, c'est que les partis nationaux perdent de l'influence et que les partis régionaux gagnent du terrain mais n'ont pas la vision nationale dont on aurait besoin", regrette l'analyste Rasheed Kidwai. Le résultat, le 16 mai, reste totalement incertain et la formation d'un gouvernement de coalition se fera sur des alliances post-électorales "purement circonstancielles et sans cohérence idéologique" entre partis nationaux et formations régionales, prédisent des analystes.

 

Quarante ans d'insurrection maoïste
Au moins quinze des vingt-huit Etats fédérés de l'Union indienne - dans le centre, l'est et le sud - sont confrontés depuis 1967 à des poches de rébellion maoïstes. Au total, 165 des 600 départements du pays seraient, à des degrés divers, sous l'influence de ces combattants armés, que les Indiens surnomment les "naxalites". Ils constituent la plus grande menace pour la sécurité nationale, avait averti, en 2006, le Premier ministre Manmohan Singh. En 2007, les violences liées aux insurrections maoïstes ont fait plus de 800 morts dans le pays. Les rebelles, quand on peut exceptionnellement les approcher, disent être en lutte armée contre les grands propriétaires terriens et les exploitations de minerais.

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Commentaires
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
il n'ya une chose qu'ont appele le terrorisme islamiste .
le terorism et mondial et lislam et loin de faire ça , si vous avaiez comprit bien lislam ,vous nosèe pas de le dir.
et je vous donne un conseil ne dit jamais des truc que vous ne conaissais pas
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Les élections en Inde n'auront pas de résultat souhaitable car aucun parti politique n'arriverait à gagner la majorité.Voilà pourquoi il y aurait sûrement un gouvernement de coalition qui serait élu en Inde.L'avenir nous dira si celui-ci finira son mandat de 5 ans.


a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Et l'épuration ethnique au Sri Lanka ?? non c'est pas assez important pour en parler ...

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