"Bon courage à ceux qui veulent spéculer avec l'euro ! "

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Dans un entretien à La Tribune, Laurent Wauquiez salue la "révolution culturelle" que constitue, selon lui, le "pacte pour l'euro" adopté ce week-end.

Avec le renforcement et l'assouplissement du fonds de secours européen, l'Europe a-t-elle fait le maximum pour ramener le calme sur les marchés ?

 

Totalement ! Nous avons mis l'arme sur la table. Je souhaite à présent bon courage à tous ceux qui veulent spéculer avec l'euro. Nous avons assisté vendredi à un sommet fondateur. C'est la première fois que les Européens avancent sans être sous pression, sans être sous la contrainte d'une crise. L'Europe est de retour après avoir vécu, depuis 2008, des heures sombres durant lesquelles l'ensemble de l'édifice européen aurait pu être emporté.

 

La crise de l'euro a révélé le manque d'unité économique. C'est désormais de l'histoire ancienne ?

 

Ce "pacte pour l'euro", c'est une vraie révolution culturelle. Nous allons désormais rapprocher nos économies en matière de compétitivité, d'innovation, d'infrastructures, de fiscalité... Jusqu'ici, on avait construit l'euro sur une idée consistant à croire qu'il suffisait de créer la monnaie, une banque centrale et d'avoir deux ou trois critères. On passe donc d'un euro qui était hors sol à une monnaie avec de vraies racines. L'une des grandes avancées, c'est que l'on travaille désormais d'abord entre pays qui sont dans l'euro, une idée taboue jusqu'ici que le reste des Vingt-Sept avait du mal à l'accepter. A présent, on reconnaît qu'il y a un noyau dur non exclusif autour des États qui font partie de la zone euro.

 

Martine Aubry considère que ce pacte pour l'euro est une régression qui va casser l'Europe sociale...

 

Martine Aubry n'est clairement pas à la hauteur de l'enjeu. Au contraire, à l'initiative du président de la république, ce pacte associe explicitement les partenaires sociaux européens au processus et nous permet de défendre notre modèle d'économie sociale de marché. Dans le même temps, il amène les pays européens à être plus cohérents les uns par rapport aux autres, notamment en matière de politiques salariales. On ne peut pas continuer à avoir des cigales et des fourmis. Certes, quand on a enclenché les négociations, il pouvait y avoir un risque au niveau de la croissance, mais nous sommes arrivés à un équilibre entre lutte contre les déficits et volonté d'investir là où l'on a des gains de compétitivité et de croissance.

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