Pour une taxation commune des riches dans tous les pays de l'OCDE

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Spécialiste des inégalités, Tony Atkinson suggère un taux d'impôt maximum porté à 50%, dans tous les pays de cette zone.

La crise récente a-t-elle pesé sur les hauts revenus ?

Il est trop tôt pour en juger. Les données harmonisées nous manquent beaucoup, sur ce sujet. S'agissant des comptes nationaux, nous disposons de statistiques comparables, nous pouvons rapidement comparer l'évolution des PIB, mais ce n'est pas le cas s'agissant des revenus. Les délais sont importants. On peut penser que la diminution des plus-values, en 2008, a pesé sur les revenus des riches. Mais, semble-t-il, ils ont très vite regagné du terrain, si l'on en juge par les classements internationaux réalisés par la presse, tels que celui de « Forbes ». Par ailleurs, on constate un développement du « Welfare », même aux États-Unis où, contrairement à ce que l'on croit, il existe des allocations chômage. Cela contribue à réduire les inégalités.

Ces inégalités ont-elles eu un impact sur la croissance ?

Leur véritable impact a été le développement de l'injustice sociale. Il est difficile de démontrer un autre effet.

Comment diminuer les inégalités ?

Le meilleur instrument, c'est l'augmentation des impôts, du taux marginal d'impôt sur le revenu.

Jusqu'où est-il possible d'aller dans les hausses d'impôts ?

Pour éviter l'évasion, la fraude, le taux de 50 % me paraît raisonnable, un maximum. Surtout, il faudrait instituer une « world taxe authority » (autorité fiscale mondiale), qui mettrait en place une taxation globale des riches, avec des règles communes, un taux maximum commun de 50 %. Les riches y gagneraient en obtenant une moindre incertitude fiscale sur les règles en application. Les gouvernements ont réalisé d'importants progrès dans la transparence, l'information, sur des sujets comme le terrorisme. Pourquoi pas en matière fiscale ?

Faut-il convaincre tous les pays ?

On pourrait commencer par les grands pays industriels, l'OCDE. Même les Européens, à eux seuls, constitueraient un groupe de pression. Voyez la Suisse. Ils ont évolué.

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