Menace d'une inflation élevée : Jean-Claude Trichet nous prépare à une hausse des taux de la BCE

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"Des politiques économiques nationales inappropriées peuvent engendrer l'apparition d'écarts de compétitivité excessifs entre les membres de l'union monétaire", a dit le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet dans un discours prononcé à Paris. La BCE devrait remonter ses taux en avril pour la première fois en près de trois ans.

Des politiques économiques inappropriées, en creusant les écarts de compétitivité, entraînent des taux d'inflation durablement supérieurs à l'objectif de stabilité des prix, a déclaré lundi Jean-Claude Trichet, président de la Banque centrale européenne. Cette dernière pourrait relever ses taux d'intérêt début avril pour la première fois en près de trois ans, après que l'inflation dans la zone euro a atteint 2,4% en février, dépassant le seuil de 2% sous lequel la BCE entend la contenir.

"Des politiques économiques nationales inappropriées peuvent engendrer l'apparition d'écarts de compétitivité excessifs entre les membres de l'union monétaire", a dit Jean-Claude Trichet dans un discours prononcé à Paris. "Les principaux symptômes de tels écarts sont en général de substantielles accumulations de divergences entre indicateurs de compétitivité en termes de prix et de coûts, et ceci entraîne notamment des taux d'inflation se maintenant durablement au dessus de la définition commune de la stabilité des prix dans la zone euro."

Si des écarts entre les taux d'inflation des pays de la zone sont parfois parfaitement justifiés, quand ils sont temporaires et accompagnent un réajustement des niveaux de développement économique, "dans le moyen-long terme un taux d'inflation légèrement inférieur à 2% doit être la référence au niveau national également", a dit Jean-Claude Trichet. "Les coûts unitaires de main-d'oeuvre et, par conséquent, les évolutions des rémunérations compte tenu des progrès de la productivité du travail (...) doivent permettre la réalisation de cette inflation moyenne, à moyen terme, sauf à prendre le risque d'une perte de compétitivité et donc d'une augmentation relative du chômage par rapport à l'ensemble de la zone euro", a-t-il ajouté.

Selon le président de la BCE, de nombreuses données suggèrent que l'effet de rattrapage lié aux différences de développement entre les pays de la zone a été surévalué pour expliquer les écarts d'inflation. "Dans certains cas, ces différences n'ont pas découlé d'effets de rattrapage mais ont tenu largement à des politiques macroéconomiques inappropriées et à des phases d'expansion excessive de la demande intérieure financées par l'endettement", a-t-il dit.

Comme Jean-Claude Trichet, plusieurs dirigeants de la BCE ont laissé entendre ces dernières semaines que l'institut d'émission pourrait durcir sa politique monétaire dès sa prochaine réunion, le 7 avril, pour éviter des "effets de second tour" de la poussée inflationniste des derniers mois, c'est-à-dire entre autres des répercussions sur les salaires. Le mois dernier, Jean-Claude Trichet avait déclaré qu'augmenter les salaires en réaction à la poussée inflationniste actuelle serait "la dernière des bêtises à faire"

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a écrit le 30/03/2011 à 13:16 :
Tu veux ou tu veux pas ? Trichet laisse toujours entendre , mais on ne voit jamais rien venir .
a écrit le 30/03/2011 à 7:53 :
Le constat est que l'épargnant fait les frais de la politique des taux bas de la BCE. L'épargne du Français moyen est rémunéré autour de 1% par les banques, lesquelles proposent des taux de crédit supérieurs à 3.5 %. En résumé l'épargne sert notamment à reconstituer à bon compte les fonds propres des institutions finacieres, des états ...
a écrit le 29/03/2011 à 17:19 :
il faut s'arrêter deux secondes et réfléchir, bon sang! La montée de l'inflation est du 1) à la politique monétaire de la fed 2) à un choc exogène majeure révolution arabe (et problème libyens) qui ont fait s'envolée les prix pétroliers.
Il ne serait PAS CRÉDIBLE que la BCE augmente ses taux alors que la zone euro a besoin de sa politique monétaire en soutient d'autant que ce n'est pas avec un euro à 1,6$ et une inflation faible que l'on va résoudre nos soucis!!!
a écrit le 29/03/2011 à 16:04 :
Trichet a raison de vouloir atténuer la hausse des prix. L'inflation est comme un cancer en couveuse : c'est elle qui a alimenté le communisme ( 120 millions de morts) et le nazisme (55 millions de morts). Méfions-nous des apparences trompeuses !
Réponse de le 29/03/2011 à 19:50 :
Pfff, encore une mise en balance du nombre de morts discutable. Effectivement, l'inflation a fait le lit de ces régimes, mais avancer des chiffres, bien malin qui peut estimer et comparer. Enfin, on ne va pas relancer le débat. A mon sens : les deux ne sont pas comparables. Et ne doivent pas être comparés.
a écrit le 29/03/2011 à 13:43 :
Monsieur Trichet continue à dire que le salaire est l'ennemi de l'économie. Par contre, il est muet sur l'impact de la spéculation sur les prix alimentaires, il est muet sur l'augmentation de 60% du prix du gaz depuis 2005, il est muet sur les nombreuses ententes entre industriels, dont la dernière porte sur le marché de la farine. Monsieur Trichet n'est qu'un financier : il ne représente pas le peuple et il ne sert pas ses intérêts.
Réponse de le 29/03/2011 à 14:26 :
Ceux qui souffrent le plus de l'inflation sont toujours les pauvres. En maintenant l'inflation sous les 2%, il protège précisément les européens modestes.
Réponse de le 29/03/2011 à 14:42 :
ce n'est pas du ressort de la bce que de statuer sur le prix du gaz ou des matières alimentaires. Son rôle est de contenir l'inflation et uniquement cela. Pour le reste, circulez ya rien a voir !
Réponse de le 29/03/2011 à 17:25 :
peut être un peu aussi d'assurer le bon fonctionnement de l'eurosystème! faut il rappeler qu'il n'y a qu'un seul pays qui respecte l'ensemble des critères initiaux d'adhésion à la zone euro...c'est le Luxembourg. L'économie a besoin de sa politique monétaire en soutien, la BCE ferait bien d'abaisser ses taux dans le sillage de la fed au lieu de pavoiser!
a écrit le 29/03/2011 à 13:01 :
UNE INFLATION MAITRISEE EST NECESSAIRE ACTUELLEMENT POUR RENDRE
L EURO PLUS COMPETITIF( un tout petit d inflation).
a écrit le 29/03/2011 à 12:23 :
Ce serait une bonne chose que la BCE réduise l'inflation, car dans l'ensemble, les salaires sont bloqués.
a écrit le 29/03/2011 à 11:03 :
à situation exceptionnelle mesures exceptionnelles, Trichet est tombé sur la tête. Les USA vont larguer l'Europe en attirant chez eux des investisseurs, et l'europe va s'enfoncer dans le bourbier de la dette et de la croissance molle (récession pour une grande part de notre zone monétaire!). Rien y fait ça tourne pas rond à la BCE!
a écrit le 29/03/2011 à 10:49 :
Trichet ne devrait pas se précipiter. Dans la situation actuelle un peu d'inflation, maitrisée, serait sans doute la bienvenue : entre 3 et 5%. Cela allègerait la question de la dette, ramènerait l'euro à un niveau plus compétitif. Du tout bon pour l'économie européenne.
Réponse de le 29/03/2011 à 11:43 :
Mais l'inflation c'est l'ennemi des riches. Donc comme aux USA, tout les "thermomètres" mesurant l'inflation ont été cassés (ou bidouillés) de telle façon que les niveaux de progression de l'inflation sont minimisés. Ceci pour ne pas augmenter les salaires (d'où pertes importante du pouvoir d'achats et du niveau de vie), ne pas être obligé d'augmenter les taux car les dettes des pays sont indexés dessus (aux USA une augmentation de 1% des taux correspondrait à augmenter la dette de l'ordre de 520 milliards de dollars)et pouvoir continuer à donner de l'argent gratuit aux banques pour quelles continuent à spéculer avec cet argent sur les matières premières et alimentaires.
Réponse de le 29/03/2011 à 16:41 :
un euro dévalué plus compétitif??? Nous avons déjà connu cela jadis... cela s'appelait le franc. vous avez la mémoire courte? En quoi un euro dévalué apporterait plus de compétitivité? Ce qui compte c'est l'excellence et la recherche, l'innovation. Regardez Audi, BMW, Mercedes, Bosh, L Vuitton.... pas de problème avec un euro déjà dévalué par rapport aux Dollars Canadien, australien et Néo Zélandais de presque 25% . Contre le dollar US... vous êtes déjà allé aux US? Tout est plus cher sauf les produits made in china.....alors notre euro n'est pas surévalué, à 1.40, 1.45$ pour un euro, cela me semble correct. si on a le sentiment que tout est cher en France, il faut regarder du côté des petits commerces... boulangers, épiceries dite fine et autres car en hyper et super, les prix français sont plutot moins élevés qu'ailleurs, USA en tête.
Réponse de le 30/03/2011 à 9:16 :
à Eurofederal : Je n'ai pas dit euro dévalué ! En fait l'euro est actuellement surévalué par rapoort au dollar.La parité "normale" serait plutôt de l'oredre de 1,2 euro pour 1 dollar. C'est la compétitivité des entreprises françaises (et européennes) à l'étranger (hors Europe) qui est en cause. Ne nions pas l'impact de l'excellence, mais la parité monétaire est loin d'être négligeable. A Candide : je ne suis pas sûr que l'inflation soit l'ennemi des riches. Je crains d'ailleurs qu'elle ne pénalise d'abord les moins riches. Toutefois dans la situation actuelle je maintiens qu'une inflation un peu plus forte et maitrisée serait bonne pour l'économie et la sortie de crise (donc intéressante pour tous finalement)
a écrit le 29/03/2011 à 8:05 :
Tricher augmente les taux d'intérêts tout en bridant les salaires. L'inflation est déjà en place et les salaires sont donc à la baisse. Et les commentateurs se demandent pourquoi il y a tant d'abstention. Cela me fait penser à la chanson "l'élite" de TRUST.
Réponse de le 04/02/2012 à 12:08 :
L'Elite de Trust n'a rien à voir... C'est un charge anti-soviétique... "Devant ses chars d'assault, vous n'aviez que vos idées... "Renforcons l'amitié" proclame vos slogans, Amitié enfermant des gens nommés Dissidents"...

Faire d'une chanson anti-soviétique une chanson anti-finance, il faut soit être de mauvaise foi soit ne rien avoir compris... soit les deux !
a écrit le 29/03/2011 à 6:29 :
Menace d'une inflation élevée : INFLATION, le mot qui fait peur, les politiques l'on gommé de leur glossaire à tel point qu'il n'en connaisse plus le sens!
Les économistes jouent aux directeurs des travaux finis!
On préfère durcir que contrôler au détriment, parfois de toutes logiques économiques et/ou sociales.
a écrit le 29/03/2011 à 6:23 :
De toute façon on subit une inflation de 7 pour cent l'an selon mes calculs . 5,5 en tenant compte de l'évolution des salaires.
Réponse de le 29/03/2011 à 10:47 :
Génial, donnez vos calculs et vos références (sinon c'est du n'importe quoi)
a écrit le 29/03/2011 à 3:55 :
Cela fait longtemps que la BCE aurait dû réagir mais bon,....Notre Banque Centrale devrait moins réagir aux soubresauts de l'euro vis à vis du dollar que de l'euro par rapport à d'autres monnaies. Que l'euro fluctue entre 1.35 et 1.50 n'est pas très important mais quand l'euro baisse par rapport à des devises telles le franc suisse de presque 1.55 à moins de 1.28 ou de 1.80 à 1.38 dollars pour un euro voire même de plus de 2.30 dollars NZ à 1.85 en moins de 18 mois,cela me semble plus grave. Tôt ou tard les cours élevés du pétrol et la taxation démente de ce même pétrol finiront par avoir des repercussions sur les prix... certains boulangers vendent déjà la vulgaire baguette à 85 voire 90 cents et certains produits sont déjà en hausse tels les céréals.
Réponse de le 29/03/2011 à 7:30 :
ce n'est pas l'Euro qui baisse contre le CHF mais ce dernier qui grimpe contre toutes devises au fur et à mesure que la situation éco/politique mondiale se dégrade. Monnaie refuge s'il en est.

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