La France double sa présence en Corée du Nord

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Kim Jong-un (à gauche), que son père Kim Jong-il (à droite) a placé en position de lui succéder à la tête de la Corée du Nord, en public lors d'une imposante parade militaire à Pyongyang le 10 octobre 2010
Kim Jong-un (à gauche), que son père Kim Jong-il (à droite) a placé en position de lui succéder à la tête de la Corée du Nord, en public lors d'une imposante parade militaire à Pyongyang le 10 octobre 2010 (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2010. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Le Quai d'Orsay va ouvrir un bureau de représentation à Pyongyang avec deux fonctionnaires français. Un pas vers l'ouverture de relations diplomatiques ?

Après de nombreuses années d'éloignement et de désintérêt, la France s'est décidée à jouer un rôle plus affirmé en Corée du Nord. Le Quai d'Orsay a annoncé l'ouverture "au début de l'automne" d'un "bureau de coopération" à Pyongyang, la capitale d'un pays communiste mis au ban des nations en raison de ses agressions militaires et de ses activités de prolifération nucléaire.

« C'est un bon début. Quoi qu'on pense du système et de ses dirigeants, il était spécialement anormal que notre pays soit le dernier à être prêt à un dialogue, même si ce dialogue est difficile et incertain », se félicite Jack Lang, qui avait lancé l'idée de ce bureau lors de sa visite à Pyongyang en novembre 2009, en qualité d'émissaire spécial de Nicolas Sarkozy.

La France en effet est le dernier pays de l'Union Européenne - avec l'Estonie - à refuser de nouer des relations diplomatiques avec la Corée du Nord. L'Allemagne, qui au contraire y a ouvert une ambassade, se montre très active et multiplie des programmes de coopération destinés à fissurer un peu le mur que le régime et ses dirigeants ont dressé entre leur population et le monde extérieur.

En fait, le président français avait annoncédès janvier 2010 cette normalisation des rapports avec le régime nord-coréen. Mais "l'attaque de la corvette Cheonan, le bombardement de l'île de Yeonpyeong ont évidemment été autant de facteurs qui n'ont pas contribué à accélérer ou à faciliter l'accélération des choses et la mise en ?uvre de notre décision" explique le porte-parole du Quai d'Orsay.

D'ailleurs Paris insiste que les Nord-Coréens "doivent faire encore beaucoup d'efforts" pour espérer l'établissement de vraies relations diplomatiques entre les deux pays, notamment dans les domaines de la non-prolifération du nucléaire, les relations inter-coréennes, les droits de l'homme.

Ce futur bureau du Quai d'Orsay aura pour premier objectif  "de travailler avec les ONG françaises qui opèrent en Corée du Nord", à savoir Triangle et Première Urgence.

Celles-ci apportent depuis des années une aide agricole et médicale à une population qui souffre de pénuries alimentaires chroniques. Fin juin, la France avait ainsi débloqué à leur intention 200 000 des 300 000 euros d'aide alimentaire d'urgence qu'elle a prévu pour cette année (comme l'an dernier).

Le deuxième objectif de ce bureau sera d'encourager la coopération dans les secteurs académiques et culturels. Celle-ci a déjà commencé : un lecteur de français, mandaté par le Quai d'Orsay, donne depuis 2006 des cours dans les grandes universités de la capitale nord-coréenne. Paris a aussi - entre autres - facilité l'envoi en France d'étudiants nord-coréens en architecture, et a invité plusieurs professeurs nord-coréens. Ces échanges académiques représentent pour ces universitaires une ouverture exceptionnelle vers l'extérieur, et devraient se voir approfondis.

La création du "bureau" français, comptant donc deux personnes, le directeur et un attaché linguistique, officialise donc cette coopération "en matière de diffusion et de relation culturelle".

D'autres sujets de coopération sont envisageables, par exemple dans les domaines scientifique, culturel ou sportif. « La France à tout intérêt à être présente en Corée du Nord. Par son autorité morale, son histoire, son rayonnement, elle peut jouer un certain rôle susceptible de faciliter, un jour, le retour de la paix », estime ainsi Jack Lang.

La Corée du Nord traverse une période de dangereuse instabilité, notamment en raison de son isolement diplomatique croissant, et d'un processus de succession dynastique décidé par un « Grand Leader » très malade qui veut transmettre son pouvoir à son plus jeune fils. Le futur « ambassadeur officieux » de la France à Pyongyang pourra donc observer de l'intérieur l'évolution et les soubresauts du régime, et accompagner tout geste d'ouverture.

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Commentaires
a écrit le 13/07/2011 à 12:24 :
Mais qu'allons faire là-bas ? devrons nous encore donner à fond perdu pour qu'ils fassent des bombes ?Ou alors ,nos grands patrons propriétaires cherchent -ils une main d'oeuvre corvéable afin d'avoir encore de beaux bénéfices avant la révolte en France !
a écrit le 12/07/2011 à 21:55 :
Le Quai d'Orsay, représentant de la populace de Basse France, a-t-il songé une fraction de seconde a demander l'avis de ceux qu'il représente ? Ha, Non. c'est vrai.. j'oubliais... la démocratie a été dissoute voici quelques décennies et transférée dans les mains du parti présidentiel.

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