L'accord de libre-échange Corée du Sud-Etats-Unis soulève une opposition violente

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Au contraire du traité signé avec l'Europe, l'accord est vu comme une menace d'ingérence américaine accrue.

La Corée du Sud est agitée de manifestations quotidiennes depuis la ratification la semaine dernière par le Parlement d'un très controversé accord de libre-échange (ALE) avec les Etats-Unis. Les violences ont débuté dans l'enceinte même de l'Assemblée, où un député de l'opposition a lancé une bombe lacrymogène en pleine session parlementaire pour tenter d'empêcher le vote.

Samedi, lors de manifestations dans le centre de Séoul, un commissaire de police a été pris à parti et battu par des opposants à l'accord. Mercredi, 50.000 Séouliens ont participé un rassemblement plus apaisé, organisé par les animateurs du podcast "je suis une fouine". Depuis la semaine dernière, le centre de Séoul, quadrillé de milliers de forces anti-émeute, connaît une ambiance de siège.

Les partis d'opposition ont promis de continuer leur campagne d'opposition à un traité accusé de profiter uniquement aux grands conglomérats du pays et à "1% des plus riches".

Sur Internet, les rumeurs se multiplient : on y lit que l'ALE provoquera une épidémie de vache folle due à la viande de bœuf américaine, ou que le coût des soins médicaux montera en flèche. "Ceux qui propagent de fausses rumeurs sur les réseaux sociaux seront inculpés et interrogés", a menacé en réponse le procureur général Han Sang-dae.

Le contraste avec l'accord de libre-échange signé entre la Corée et l'Union européenne, entré en vigueur en juillet, est saisissant : les négociations, puis le processus de ratification, s'étaient alors déroulées dans la quasi-indifférence du grand public.

"Le contenu de l'ALE avec les Etats-Unis est pourtant assez similaire de celui signé avec l'Union européenne", remarque Jean-Jacques Grauhar, secrétaire général de la Chambre de commerce européenne à Séoul (EUCCK). "Mais la différence est en terme d'image : les Etats-Unis sont considérés par certains Sud-Coréens comme un géant menaçant, qui est déjà très présent militairement et politiquement en Corée. Avec l'Europe, le risque perçu est bien moindre."

L'accord devrait entrer en application le 1er janvier, et 95% des taxes douanières entre la Corée et les Etats-Unis seront progressivement supprimés d'ici trois ans. Selon un rapport conjoint publié par dix "think tank" sud-coréens, le traité devrait permettre de créer 350 000 emplois et d'accroître le PIB coréen de 5,66% d'ici dix ans.

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