En Corée du Sud, la mort de Kim Jong-il inquiète les investisseurs

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Séoul veut rassurer les marchés en prévenant toute instabilité politique créée par la disparition du "cher leader "de l'autre côté de la frontière.

La Corée du Sud s'inquiète des conséquences politiques et économiques de la disparition du « Cher leader » nord-coréen. Une heure après l'annonce de la mort de Kim Jong-il, un communiqué de l'agence de presse nord-coréenne désignait lundi son successeur : c'est le plus jeune fils, Kim Jong-un, qui se retrouve à la tête d'un pays exsangue, isolé, étouffé par les sanctions internationales, frappé par les pénuries alimentaires chroniques, et mis au ban de la communauté internationale pour son programme nucléaire et ses tirs de missiles.

Or le jeune dauphin, éduqué dans une école internationale en Suisse, âgé de moins de trente ans, manque d'expérience. C'est en 2008, lors de sa première attaque cardiaque, que Kim Jong-il l'a désigné comme héritier, de la même façon que lui-même avait reçu le pouvoir des mains de son père, Kim Il-sung.

Mais la comparaison s'arrête là : si Kim Jong-il a bénéficié de longues années pour asseoir sa légitimité au sein de l'armée et du Parti des travailleurs nord-coréens, son jeune fils a reçu une formation accélérée : désigné en 2008, une promotion express en 2010 le voit devenir général quatre étoiles et vice-président de la commission militaire centrale. Il se trouve aujourd'hui dans le fauteuil de son père.

Nombreux à Séoul se demandent si Kim Jong-un pourra s'imposer auprès des apparatchiks du régime. C'est donc l'incertitude qui règne, et la possibilité d'une lutte pour la succession et les instabilités qui ne manqueraient pas de s'ensuivre inquiètent les marchés. Lundi à la clôture, la Bourse de Séoul dévissait de 3,43 %.

Les deux tirs de missiles nord-coréens en mer du Japon, quelques heures seulement après l'annonce officielle de la mort de Kim Jong-il, venaient renforcer ces inquiétudes. La manoeuvre avait très probablement pour objectif de rappeler aux pays voisins et à d'éventuels prétendants au trône que les rênes du pouvoir étaient toujours fermement tenus à Pyongyang.

L'armée en état d'alerte

La Corée du Sud a immédiatement mis son armée en état d'alerte, et le président Lee Myung-bak a téléphoné à son homologue américain Barack Obama. « Il est très important de maintenir un contact étroit et de coordonner nos points de vue », a confirmé l'ambassadeur américain à Séoul. Quelque 28.500 soldats américains sont stationnés depuis la fin de la guerre de Corée (1950-1953) au sud de la frontière intercoréenne.

De leur côté, les autorités sud-coréennes ont multiplié les réunions d'urgence. Le ministère des Finances a mis sur pied une équipe opérationnelle nuit et jour, prête à répondre à tous les futurs développements en Corée du Nord susceptibles d'effrayer les investisseurs.

« Nous ne sommes pas encore en situation de crise », a rassuré le ministre Bahk Jae-wan. « Il y a déjà eu des précédents de risques associés à la Corée du Nord, mais ils ont tous eu un impact limité », a-t-il rappelé. Désireux de ne pas attiser les tensions avec le Nord, Séoul a annoncé annuler son projet d'illuminer trois immenses sapins de Noël le long de la frontière avec le Nord ? le projet avait provoqué la fureur de Pyongyang la semaine dernière.

À Kaesong, dans la zone industrielle conjointe située en territoire nord-coréen, les 123 entreprises sud-coréennes ont assuré que les activités du complexe s'étaient déroulées comme d'habitude. Les 47.000 ouvriers nord-coréens employés quotidiennement par ces PME du Sud sont venus travailler comme d'habitude. Prévenus à midi de la mort de leur « cher leader », ils sont restés dans la zone. « En général, les incertitudes politiques affectent les entreprises installées à Kaesong, a déclaré un représentant de l'une d'entre elles à l'agence Yonhap. Nous nous inquiétons de l'impact à court terme. »

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Commentaires
a écrit le 01/01/2012 à 14:47 :
Moi je pense qu'il a un cote psychotique... C'est a se demander si il est capable de parler et de quoi.... Par contre la mine des generaux a grosses et grandes casquettes reposant sur leurs petites tetes ne m'inspirent pas confiance.... L'habit ne fait le moine dit-on .... Il faudra le croire et attendre que le petit se fasse entendre ..... Il pourrait faire marcher son armee au son du hip hop ....

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