L'Irlande séduit les marchés mais reste en convalescence

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Le 15 décembre 2013, l'Irlande est sortie du programme d'aide financière européenne pour revenir se financer sur le marché.
Le 15 décembre 2013, l'Irlande est sortie du programme d'aide financière européenne pour revenir se financer sur le marché. (Crédits : Reuters)
L'Irlande a réussi à lever 2,9 milliards d'euros grâce à une adjudication de dette à long terme. Mais son PIB afficherait un recul de 0,3% en 2013, plombé par sa forte baisse (-2,3%) au dernier trimestre.

Si elle est sur le chemin de la normalisation, l'Irlande n'est certainement pas sorti de crise. Juste après avoir signé son grand retour sur les marchés jeudi matin avec le succès de sa première adjudication de dette à long terme depuis 2010 - sa deuxième émission obligataire depuis le début de l'année -, le pays a dévoilé un PIB en recul de 2,3% au T4 par rapport au trimestre précédent.

60% de ses objectifs de financement pour 2014

Le pays, qui semble bien sur le chemin de la normalisation de ses conditions de marché, a placé pour 1 milliard d'euros d'obligations à dix ans au taux de 2,967% et a reçu 2,9 milliards d'euros de demande pour cette opération.

"La finalisation de cette adjudication aujourd'hui marque le plein retour de l'Irlande sur les marchés, pour la première fois depuis septembre 2010", s'est félicité le directeur général du NTMA, John Corrigan. L'adjudication est un procédé d'émission qui consiste en une "mise aux enchères" du titre sur le marché, afin de vendre ses lignes d'émissions aux plus offrants.

L'Irlande avait déjà levé le 7 janvier 3,75 milliards d'euros à dix ans mais grâce à une émission syndiquée. Procédé par lequel, contrairement à l'adjudication, plusieurs investisseurs s'unissent pour racheter la dette.

Avec l'émission de jeudi, le pays a presque déjà atteint 60% de son objectif de financement de 8 milliards d'euros pour l'année en cours, a souligné John Corrigan.

PIB en recul de 0,3% en 2013

Ce succès sur les marchés intervient alors que des statistiques publiées jeudi montrent en revanche que le produit intérieur brut (PIB) du pays a chuté de 2,3% au dernier trimestre de l'année passée comparé au trimestre précédent.

Un chiffre bien en-deçà des attentes des économistes interrogés par Reuters, qui prédisaient une croissance de 0,4% sur la période. Principale cause : la fin de l'exclusivité de plusieurs brevets du secteur pharmaceutique irlandais, un des principaux secteurs exportateurs de l'île, et donc la contraction de ses exportations de médicaments génériques, explique Alan McQuaid, économiste chez Merrion, cité par l'Irish Times.

Sur l'année 2013, le PIB de l'Irlande a reculé de 0,3% en 2013, révèlent des chiffres préliminaires publiés jeudi par l'Office central des statistiques (CSO) irlandais. Les économistes sondés par Reuters attendaient une croissance de 0,3%.

L'Irlande est devenue, à la mi-décembre, le premier pays de la zone euro sous assistance financière à s'affranchir de l'aide de ses partenaires et à retrouver son indépendance économique et financière.

        >> Lire "Sortie de crise : pourquoi l'Irlande est un cas à part"

Le pays avait été contraint fin 2010 d'appeler à la rescousse ses partenaires européens et le FMI pour obtenir un plan de sauvetage sur trois ans de 85 milliards d'euros en échange de la mise en oeuvre d'une douloureuse cure d'austérité.

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Commentaires
a écrit le 27/05/2014 à 18:53 :
évasion des taxes, tête de pont des fraudeurs fiscaux américains qui vendent dans toute l' Europe sans payer de taxes (google et les autres).
salaires qui ont diminués de moitie (salaire moyen égal a celui d'il y a 10 ans).
Profit qui ont explosés a la hausse pour tous les exploiteurs qui profitent du paradis fiscal irlandais et de la corruption de ces institutions te gouvernement.
Chômage en stagnation malgré une fausse impression de baisse due a l’émigration massive des irlandais vers l’Australie, USA, Canada et autres européens vers d'autres pays.
Les contribuables paient les taxes que les nantis des multinationales ne paient pas. Un système de santé digne du tiers monde, des infrastructures dignes de l'Ukraine et cela n’empêche pas la bière de couler a flot.
Un vrai cas spécial, les irlandais sont vraiment de bonnes pâtes pour les charognards de la finance mondiale.

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