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ÉconomieInternational

Pétrole: 7 effets constatés et redoutés du maintien des quotas de production

Photo de Marina Torre

latribune.fr (avec AFP)

Publié le 29 novembre 2014 à 12:44 - Mis à jour le 30 novembre 2014 à 20:21

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Les pays producteurs de pétrole membres de l'Opep ont décidé vendredi de maintenir leur plafond de production. En voici les premières conséquences.

L'Opep ébranle le monde de l'énergie. Jeudi, lors d'une réunion à Vienne, les pays producteurs de pétrole ont maintenu le niveau de production à 30 millions de barils/jour. Passage en revue des principales conséquences de ce choix. Qu'elles soient déjà observées mais aussi redoutée.

  • Le Brent sous les 70 dollars

Après la décision de l'Opep, les cours du pétrole ont chuté brusquement vendredi. A 66,15 dollars, le baril de "light sweet crude" (WTI) pour livraison en janvier a chuté à son plus bas niveau depuis septembre 2009. Il a reculé de 7,54 dollars sur le New York Mercantile Exchange (Nymex). A Londres, le baril de Brent est lui passé sous le seuil des 70 dollars pour la première fois depuis quatre ans et demi. Il est tombé à 69,78 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE) avant de clôturer à 70,15 dollars.

>> Le baril de brut passe sous les 70 dollars

  • Coupes budgétaires au Venezuela

Le président vénézuélien Nicolas Maduro a ordonné le 28 novembre des coupes budgétaires après la décision de l'Opep. Il a également demandé de "procéder à un examen des traitements et salaires de tous les employés des ministères, des entreprises publiques, à commencer par le président". Il attend "une proposition de réduction substantielle des salaires et traitements de la haute direction, des ministre et ministres délégués, des présidents et vice-présidents des entreprises d'Etat".

Le ministre de l'Economie vénézuélien, Rodolfo Marco Torres, doit se rendre en Chine afin d' "approfondir les accords économiques et financiers" existants dans le but de compenser "le manque à gagner des recettes pétrolières en baisse", a dit Nicolas Maduro.

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Les revenus pétroliers qui représentent 96% des rentrées en devises du pays. Le pétrole vénézuélien a perdu un tiers de sa valeur au cours du deuxième trimestre 2014, tandis que le poids de sa dette extérieure ne cesse de s'alourdir par rapport aux rentrées fiscales.

Depuis le début de l'année, le prix moyen du pétrole vénézuélien s'est établit a 92,76 dollars américains, soit 5,42% de moins qu'en 2013.

  • Le schiste américain dans le viseur

Le Vénézuela faisait partie des pays qui souhaitait réduire la quantité de pétrole disponible sur le marché afin d'enrayer la baisse des prix. Mais les pays du Golfe, davantage capable de résister, préfèrent un pétrole à prix bas afin de contrer le pétrole de schiste qui reste plus coûteux à produire.

Leonid Fedun, vice-président de la compagnie russe Lukoil, a déclaré dans une interview accordée jeudi à Bloomberg

"En 2016, quand l'OPEC aura rempli sa mission de supprimer le marché marginal américain, les prix recommenceront à grimper (...) l'essor du gaz de schiste est à l'image du boom 'dot.com', les acteurs les plus forts résisteront, les faibles disparaitront", a-t-il déclaré en faisant référence à la bulle internet au début des années 2000.

  • Des producteurs plus ou moins vulnérables

Si elle se poursuit, cette baisse pourrait affecter certains pays du Golfe. L'agence Standard and Poor's indique dans une note que "la baisse récente du prix des hydrocarbures, si elle se prolonge, pourrait avoir un impact significatif", en particulier à Bahreïn et Oman.

Plus largement, les pays émergents seraient également susceptibles d'être affectés, comme par exemple le Brésil, qui a investit dans le pétrole, surtout au large de Rio où des gisements ont été découverts.  Par ailleurs, la Russie a fondé son budget sur un baril à 100 dollars, note un économiste d'HSBC interrogé par l'AFP qui nuance: "la forte dépréciation du rouble atténue l'impact budgétaire."

Le recul du prix du baril a aussi des conséquences pour le secteur des hydrocarbures de schiste aux Etats-Unis, qui doit investir lourdement pour maintenir la production. Les analystes considèrent que ces investissements ne sont plus rentables si le pétrole reste à un prix évoluant autour de 65 à 70 dollars.

  • Hausse du pouvoir d'achat dans les pays industrialisés?

A plus long terme, un certain nombre d'économistes prévoient un effet positif de ces faibles prix du pétrole sur le pouvoir d'achat des ménages, susceptibles d'acheter des produits moins chers tandis que les entreprises peuvent accroître leurs marges, surtout dans les pays les plus avancés économiquement (Etats-Unis, zone euro, Japon, Chine).

Patrick Artus, économiste chez Natixis, interrogé par l'AFP estime que la zone euro peut "profiter de l'effet positif de la dépréciation de la monnaie unique sur ses exportations sans être pénalisée par la hausse des prix des importations", et espérer gagner 0,5 point de Produit intérieur brut en deux ans.

De son côté, l'institut Coe-Recommence, estime que la facture énergétique française a déjà baissé "d'au moins 5 milliards d'euros en 2014". D'après lui, le secteur de l'industrie, "principal bénéficiaire" et y gagnera 2 milliards d'euros. Ce qui représente plus que les "versements au titre du Crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi".

  •  Mais risque de déflation

Toutefois, dans les pays déjà affectés par faible inflation, soit les membres de l'Union européenne, un pétrole à bas coûts présenterait plutôt un risque.

"La question est de savoir si les entreprises vont garder dans leurs marges cet effet bénéfique, ou en profiter pour baisser encore leurs prix", souligne Denis Ferrand, directeur général de Coe-Rexecode, selon des propos rapporté par l'AFP.

  • Quel impact sur la BCE?

À lire également

  • Pétrole: l'Opep maintient le statu quo, le baril de brut passe sous les 70 dollars
  • Pétrole : réunion décisive au siège de l'Opep
  • Baisse du pétrole: un axe Washington-Riyad?
  • La chute des prix du pétrole pourrait "doper" l'économie mondiale (FMI)

Enfin, de façon indirecte, cette décision de l'Opep pourrait avoir un poids sur celle de la Banque centrale européenne (BCE). Plusieurs analystes prévoient de nouvelles mesures pour limiter la désinflation, et éviter une spirale déflationniste.

Michael Hewson, analyste chez CMC Markets UK, également cité par l'AFP écrit ainsi;

"Je suis sûr que Mario Draghi [le président de la BCE] espérait secrètement que l'Opep lui donne un coup de main en annonçant une forte baisse de production".

Car, en se traduisant par une remontée des cours, les prix des biens et services dans l'UE auraient pu ainsi voir leur chute stoppée.

latribune.fr (avec AFP)

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