Bruxelles veut couper le robinet à subventions de la Hongrie

La Commission européenne a proposé de geler les 495 millions d'euros qui reviennent à la Hongrie à partir du 1er janvier 2013. Elle entend ainsi faire plier Budapest dans le bras de fer qui l'oppose au premier ministre Viktor Orban.
Selon Bruxelles, Budapest n'aurait pas pris de mesures pour corriger la course de ses finances publiques. Une lecture que conteste le gouvernement du premier ministre Viktor Orban qui affiche en 2011 un excédent budgétaire. Copyright Reuters
Selon Bruxelles, Budapest n'aurait pas pris de mesures pour corriger la course de ses finances publiques. Une lecture que conteste le gouvernement du premier ministre Viktor Orban qui affiche en 2011 un excédent budgétaire. Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2011. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)

La Commission européenne a proposé ce mercredi de suspendre à partir de 2013 le versement des sommes qui devaient être versées au titre du Fonds de Cohésion européen. Ce serait alors 495 millions d?euros qui ne seraient pas remis aux autorités magyares qui sont en conflit avec Bruxelles.

Déficit excessif

Officiellement, cette sanction serait prise au titre de la procédure engagée contre le déficit excessif du pays. Selon Bruxelles, Budapest n?aurait pas pris de mesures pour corriger la course de ses finances publiques. Une lecture que conteste le gouvernement hongrois qui affiche en 2011 un excédent budgétaire. Mais cet excédent provient principalement de mesures exceptionnelles, comme des taxes sur certains secteurs économiques ou encore la nationalisation brutale du secteur de l?assurance-maladie qui a permis d?absorber les réserves de cette dernière. En 2013, le déficit hongrois pourrait donc revenir en dessous des 3 % du PIB.

Ouvertures


Au-delà de cette polémique, les relations entre Budapest et l?UE sont empoisonnées par d?autres dossiers. La Commission a lancé une procédure de sanction contre la Hongrie concernant notamment l?indépendance de sa banque centrale, la loi sur la justice et la protection des données personnelles. Le premier ministre Viktor Orban est soupçonné de dérive autoritaire. Pour contrer l?ancien dissident, Bruxelles semble prêt à employer des moyens exceptionnels, notamment ce gel du Fonds de cohésion, procédure inédite pour le moment. Budapest se montre pourtant plus ouvert. Mardi, le ministre hongrois des Affaires étrangères, Janos Martonyi, avait affirmé avoir « la volonté politique et la détermination pour commencer les négociations avec l?UE, si possible avant fin mars ». Mais Bruxelles veut d?abord une réforme de la loi sur la banque centrale.