L'union bancaire européenne pourrait être mise en place dès 2013

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Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a envisagé la création d'une union bancaire pour 2013 dans une interview accordée au "Financial Times". Elle prendrait la forme d'un organe européen de contrôle transfrontalier disposant d'un fonds commun de garantie des dépôts et de démantèlement des établissements. De son côté, le gouverneur de la Banque de France a plaidé pour que la BCE en soit la "colonne vertébrale".

De plus en plus réclamée par de nombreux dirigeants européens, la création d'une union bancaire pour assurer la stablitié financière du continent se précise. Dans un entretien accordé au "Financial Times", le président de la Commission européenne avance même qu'elle pourrait être mise en place dès 2013. En effet, selon lui, elle n'impliquerait pas de modification des traités communautaires.

Divergences sur le calendrier de mise en place

En estimant qu'une réforme bancaire pourrait être adoptée dès l'an prochain, José Manuel Barroso semble contredire le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires Olli Rehn, qui semblait plutôt parler lundi d'un horizon à moyen terme. Dans son interview au FT, le président de l'exécutif européen assure que Londres et Berlin sont plus convaincus aujourd'hui de la nécessité d'un système bancaire à l'échelle européenne, même si le Royaume-Uni doit pouvoir s'en exempter, si cela ne bloque pas l'ensemble du processus. Les Britanniques ont exclu de rejoindre une union bancaire supervisée par l'UE et  l'Allemagne estime, quant à elle, que les grandes réformes financières au sein du Bloc requièrent une modification des traités qui implique donc des délais plus long pour valider ce projet.

Un "très grand pas" vers l'intégration

Par l'appelation "union bancaire", Barroso entend la création d'un organe européen de contrôle transfrontalier, un fonds commun de garantie des dépôts et un fonds de démantèlement financé par des taxes sur les établissements financiers. Selon lui, il s'agirait d'un "très grand pas" vers l'intégration et une condition nécessaire si l'Union européenne veut réellement tirer les leçons de la crise des dettes souveraines.

Les dirigeants européens espèrent s'entendre sur un calendrier en vue d'une union renforcée lors du sommet des 28 et 29 juin. "Nous allons tout faire pour (...) qu'il y ait dans les semaines qui viennent le cadre structurel qui rassure définitivement sur le fait que l'euro, c'est à la fois un espace monétaire, mais c'est aussi un espace de croissance, c'est un espace de solidarité", a déclaré de son côté le ministre français de l'Economie Pierre Moscovici sur Europe 1.

Christain Noyer présente sa vision du dispositif

Pour le gouverneur de la Banque de France, la Banque centrale européenne et les banques centrales nationales qui lui sont affiliées doivent représenter la "colonne vertébrale" de la future union bancaire. "C'est une autre des leçons de la crise: il y a de nombreux avantages à conserver la supervision bancaire près de la banque centrale", a relevé Christian Noyer dans une tribune que publie mardi le Wall Street Journal. La Grande-Bretagne revient à ce principe et, aux Etats-Unis, la banque fédérale de réserve (Fed) est désormais chargée de la supervision des établissements "systémiques" (dont une défaillance pourrait avoir des répercussions en chaîne sur l'ensemble de la finance mondiale), a-t-il noté.

Christian Noyer a par ailleurs souligné qu'une véritable union bancaire devait s'étendre à toutes les banques, quelle que soit leur taille. Le gouverneur de la Banque de France a souligné que la création d'une autorité unifiée de supervision était la "condition préalable" à la mise en place d'un fonds unique de garantie des dépôts bancaires. Un tel fonds aurait selon lui un "pouvoir de feu massif", dans la mesure où il recevrait le produit d'une taxe versée par toutes les banques et où il pourrait emprunter sur les marchés.

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Commentaires
a écrit le 13/06/2012 à 6:06 :
Ne soyez pas naïfs, l'équipe en place actuellement à la tête de la France soutiendra cette proposition. Plus il y aura de postes pour la nouvelle nomenklatura, détachée des contingences de nous autres simples mortels, mieux ce sera pour ceux qui ne savent pas gagner leur vie autrement qu'en s'imposant comme passage obligé de l'argent des autres.
Quaant à Barroso et consors, ce ne sont que d'anciens collectivistes frustrés qui feront tout pour mettre en place une UE à laquelle l'ex URSS n'aurait rien eu à envier. Seuls les mots d'ordre et les orpiaux changent.
a écrit le 12/06/2012 à 11:43 :
Etes vous bien sûr de la date évoquée par l'inénarrable Barroso qui ne cesse de raconter tout et son contraire; Combien gagne t'il pour s'accrocher tant à ce poste où il est démontre chaque fois son incompétence ? Il suffit de prendre connaissances des avis des uns et des autres sur la question tel que le rapporte votre article pour bien voir que ce projet n'est pas encore adoptée pour être mis en oeuvre si tôt. A propos le fameux et irrésistible plan B toujours de ces malins de Bruxelles quant à la sortie de l'Euro par la Grèce en tient il compte ? Le blocage préconisé de tous les distributeurs monétaires n'est il pas le meilleur signe pour provoquer la panique chez les déposants Grecs , d'ores et déjà ?
Réponse de le 12/06/2012 à 12:28 :
Il y a 1 premier traitement qui s'avère indispensable pour sauve l'Europe, FERMER, dissoudre la Commission Européenne habitée par des bons à rien profiteurs à souhait des impôts des européens. Ces bons à rien et mauvais à tout inutiles devront être virés sans indemnités, sans droit à la retraite, et devront partir nus comme des larves.
a écrit le 12/06/2012 à 11:42 :
C'est trop tard !

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