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ÉconomieUnion européenne

Traité européen : Jean-Marc Ayrault à la recherche du "oui" de gauche

Romain Renier

Publié le 02 octobre 2012 à 05:54

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Le traité budgétaire européen, largement soutenu par l'opinion publique selon les sondages, a toutes les chances d'être ratifié par le Parlement. Mais il provoque des craquements importants au sein de la majorité. EELV s'est prononcé contre sa ratification samedi, et seul l'UMP s'apprête à voter comme un seul homme un texte négocié par Nicolas Sarkozy lorsqu'il était au pouvoir.

La manifestation contre le traité budgétaire européen et  les politiques d'austérité de dimanche a été qualifiée de "coup de semonce" pour François Hollande dans la presse. Et pourtant, à la veille du début des discussions au Parlement, et pour la troisième fois de suite, un sondage donne le "oui" vainqueur si les Français étaient invités à se prononcer sur son adoption par référendum. Et plus encore, il progresse. Selon un sondage BVA publié lundi dans le Parisien, 64% des personnes interrogées sont favorables à l'adoption du traité.

Le camp du "non", mobilisé mais minoritaire

Très en verve à la suite de la manifestation qui a réuni plusieurs dizaines de milliers de personnes dans les rues de Paris, Jean-Luc Mélenchon, le co-président du Parti de gauche en lutte contre le traité, considère que la France est désormais sur la voie du "non". Pourtant, si l'on compare avec la semaine précédente, le camp des opposants au traité semble plutôt se réduire comme peau de chagrin. Il y a une semaine, les "nonistes" représentaient encore 48% des personnes interrogées par l'institut CSA pour l'Humanité. A 36% des sondés contre le traité, et seulement 25% opposés à la règle d'or, la bataille de l'opinion semble gagnée pour François Hollande, même si le clan des contre reste très déterminé.

Le "oui" de gauche parait compliqué à obtenir

Mais le problème est ailleurs pour Jean-Marc Ayrault. Car aucun référendum ne doit avoir lieu. Le texte, signé au nom de la France par Nicolas Sarkozy le 1er mars dernier, doit être soumis au vote du Parlement pour ratification. Et Jean-Marc Ayrault aura le plus grand mal à garder sa majorité unie. Hormis les souverainistes, la majorité des députés d'Europe écologie - Les verts (EELV) devrait voter contre, sous l'impulsion de Jean-Vincent Placé, le président du groupe au Sénat. De quoi déstabiliser Cécile Duflot et Pascal Canfin, les deux ministres EELV, obligés de se livrer à un numéro d'équilibristes pour garder leur place dans le gouvernement. Pour compléter le tableau, les trois députés du MRC (Mouvement républicain et citoyen), fondé par Jean-Pierre Chevènement, ne voteront pas la ratification du traité budgétaire européen, pas plus que la loi organique sur sa mise en oeuvre, a indiqué lundi le président du parti, Jean-Luc Laurent. Par ailleurs 10 à 20 députés socialistes, de l'aile gauche du parti, ruent eux aussi dans les brancards même si la pression de l'Élysée sur eux se fait croissante.

L'UMP au rapport pour une alliance inédite

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Malgré tout, l'issue des débats ne fait aucun doute. Le Parti socialiste, majoritaire au Parlement, pourra compter sur les voix des députés UMP, qui ne sauraient se dédire en rejetant un texte signé tel quel par leur ancien chef. C'est d'ailleurs ce que n'a pas manqué de souligner le chef de l'opposition Jean-François Copé lorsqu'il a annoncé vouloir voter la ratification du traité. Un argument que n'a pas réfuté Jean-Marc Ayrault, même si a tout de même depuis été adjoint au volet rigueur un volet croissance de 120 milliards d'euros d'investissement en Europe, la fameuse taxe sur les transactions financières et le projet de supervision des banques. Dans le bras de fer avec l'Allemagne, pour imposer plus de politique de croissance en Europe, le gouvernement a en tout cas tout intérêt à montrer patte blanche et à faire en sorte que le texte soit ratifié, s'il veut conserver tout sa crédibilité.

Romain Renier

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