La zone euro devrait débloquer mardi l'aide promise à la Grèce
Pierre Manière
La Chine a intérêt à investir ses excédents dans l'Union européenne pour l'aider à surmonter la crise de la dette mais cela ne suppose aucune concession politique, a déclaré dimanche Jean-Claude Juncker, président de l'Eurogroupe, sur l'antenne de la...
Les ministres des Finances de la zone euro se réunissent ce soir à Bruxelles pour donner leur feu vert au versement d'une nouvelle tranche d'aide à Athènes. Et éviter ainsi que le pays ne se retrouve en cessation de paiement. Pour sa part, Pierre Moscovici s'est montré optimiste dans la matinée, affirmant son "espoir" d'une solution dans la soirée.
Cruciale pour éviter un défaut de paiement du pays, cette aide pourrait atteindre 44 milliards d'euros. Selon des sources citées par Reuters, l'Eurogroupe devrait probablement donner son "accord de principe" sur ce versement, qui pourrait débuter au 5 décembre prochain.
De complexes négociations
Un bémol toutefois : l'Eurogroupe a conditionné cette enveloppe à la mise en place d'une stratégie pour éponger, sur le long terme, l'énorme dette grecque, qui menace d'atteindre 190% du PIB à horizon 2014. De plus, les ministres des Finances doivent trouver le moyen de réduire les 32 milliards d'euros correspondant aux dérapages des deux premiers plans d'aides. Si aucun compromis ne devait émerger sur ces deux derniers points, l'enveloppe promise pourrait ne pas être versée.
Parmi les autres solutions à l'étude figurent notamment un abaissement des taux d'intérêt des prêts déjà consentis à la Grèce, un rachat par le pays d'une partie de sa dette, ou un geste de la BCE. L'institution de Francfort pourrait en effet décider de reverser les profits sur les obligations grecques qu'elle a acquises.
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En clair, les négociations ne seront donc pas simples. "Il faut que chacun, FMI, BCE, Etats de la zone euro, fasse un effort pour boucler l'accord. Il faut que ce soit donnant-donnant", a ainsi estimé à l'AFP un haut responsable gouvernemental européen. Reste qu'une absence de compromis pourrait s'avérer désastreux pour la Grèce et la zone euro, étant donné les difficultés qu'Athènes a éprouvé à adopter son budget d'austérité pour 2013 pour satisfaire aux exigences de la troïka. En témoigne l'annonce d'Antonis Samaras, le Premier ministre grec, qui a affirmé ce mardi qu'il préparait un remaniement gouvernemental pour renforcer sa coalition désormais très affaiblie.