La zone euro devrait débloquer mardi l'aide promise à la Grèce

 |   |  450  mots
Jean-Claude Juncker, le chef de l'Eurogroupe, a estimé qu'il y a de bonnes chances d'avoir un accord ce mardi. Copyright Reuters
Jean-Claude Juncker, le chef de l'Eurogroupe, a estimé qu'"il y a de bonnes chances d'avoir un accord" ce mardi. Copyright Reuters (Crédits : Reuters)
Les ministres des Finances de la zone euro se réunissent ce soir à Bruxelles pour donner leur feu vert au versement d'une nouvelle tranche d'aide à Athènes. Et éviter ainsi que le pays ne se retrouve en cessation de paiement. Pour sa part, Pierre Moscovici s'est montré optimiste dans la matinée, affirmant son "espoir" d'une solution dans la soirée.

"J'espère, je crois, je souhaite que nous ayons une solution ce soir." Pierre Moscovici a affiché un relatif optimisme mardi matin, à quelques heures d'une réunion cruciale de la zone euro à Bruxelles. De fait, cette rencontre des ministres des Finances de la zone euro doit permettre de panser pour un temps les plaies financières d'Athènes, en débloquant une nouvelle et très attendue tranche d'aide.

Cruciale pour éviter un défaut de paiement du pays, cette aide pourrait atteindre 44 milliards d'euros. Selon des sources citées par Reuters, l'Eurogroupe devrait probablement donner son "accord de principe" sur ce versement, qui pourrait débuter au 5 décembre prochain.

De complexes négociations

Un bémol toutefois : l'Eurogroupe a conditionné cette enveloppe à la mise en place d'une stratégie pour éponger, sur le long terme, l'énorme dette grecque, qui menace d'atteindre 190% du PIB à horizon 2014. De plus, les ministres des Finances doivent trouver le moyen de réduire les 32 milliards d'euros correspondant aux dérapages des deux premiers plans d'aides. Si aucun compromis ne devait émerger sur ces deux derniers points, l'enveloppe promise pourrait ne pas être versée.

Or jusqu'à présent, les tergiversations de la Troïka des bailleurs de fonds du pays (UE, BCE et FMI) ont été légion sur ces sujets. Dernière en date, une divergence est apparue au grand jour lundi dernier entre le FMI et Jean-Claude Juncker, le chef de l'Eurogroupe. Ce dernier s'était dit prêt à repousser de 2020 à 2022 l'échéance à laquelle Athènes devra ramener sa dette à 120% du PIB, ce que l'institution dirigée par Christine Lagarde ne veut pas.

Vers un accord "donnant-donnant"

Parmi les autres solutions à l'étude figurent notamment un abaissement des taux d'intérêt des prêts déjà consentis à la Grèce, un rachat par le pays d'une partie de sa dette, ou un geste de la BCE. L'institution de Francfort pourrait en effet décider de reverser les profits sur les obligations grecques qu'elle a acquises.

En clair, les négociations ne seront donc pas simples. "Il faut que chacun, FMI, BCE, Etats de la zone euro, fasse un effort pour boucler l'accord. Il faut que ce soit donnant-donnant", a ainsi estimé à l'AFP un haut responsable gouvernemental européen. Reste qu'une absence de compromis pourrait s'avérer désastreux pour la Grèce et la zone euro, étant donné les difficultés qu'Athènes a éprouvé à adopter son budget d'austérité pour 2013 pour satisfaire aux exigences de la troïka. En témoigne l'annonce d'Antonis Samaras, le Premier ministre grec, qui a affirmé ce mardi qu'il préparait un remaniement gouvernemental pour renforcer sa coalition désormais très affaiblie.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 21/11/2012 à 16:15 :
et on fait quoi pour relancer l'économie grecque ? rien. Alors cela ne sert à rien de prêter davantage au gouvernement grec car il ne pourra jamais en rembourser un centime et entrera encore davantage dans un puit sans fond de la dette.
ils fassent défaut et que les investisseurs prennent leurs pertes !

Là Sarkozy et Merkel regretteront peut être (pas sûr) de ne pas avoir laisser Papandreou déclarer le défaut sur la dette et d'avoir passer le fardeau sur les contribuables européens en lieu et place des banques (allemandes en particulier) qui avaient prêter sans compter aux gouvernements grecs croyant les rapports pipotés par leurs collègues de Goldman Sachs.

Les grecs et l'Europe ont perdu 5 ans. et combien de milliards ? et combien en vies ruinées en Grèce ?
a écrit le 21/11/2012 à 0:00 :
Il est grand temps de statuer un exemple !
Ne plus verser un seul centime et laisser les Grecs faire le menage chez eux.
Tout ne reste n´est que de la Rhetorique et se payer la tête des autres contribuables.

a écrit le 20/11/2012 à 19:23 :
"La Grèce est le seul exemple connu d?un pays vivant en pleine banqueroute depuis le jour de sa naissance. Tous les budgets, depuis le premier jusqu?au dernier, sont en déficit." => Edmond About (1852), entre 1828 et 1892, 75% du total des emprunts ont été détournés par la classe politique. En 1947-1949, les États-Unis, comme condition de leur aide financière, ont exigé un assainissement des pratiques économiques et de la situation sociale du pays.
Valéry Giscard d?Estaing obtint, en 1981, l?adhésion de ce pays à la CEE.
les politique nous disent découvrir aujourd'hui que la Grèce n'est pas solvable. La classe politique grecque a toujours dramatiquement confondu revenus et emprunts et s'acharne sur certaine catégorie de population qui sont accabler de taxes nouvelles, alors même que le système fiscal ne fonctionne que très imparfaitement et qu'une importante partie de la population échappe a l?impôt (armateur, église orthodoxe). une bonne parie des mesures actuellement prise se révèle inefficace et contreproductive. A part repoussé le plus longtemps possible le problème grecs, rien n'est fait

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :