Merkel, grande gagnante, va devoir gouverner avec l'opposition

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La chancelière allemande Angela Merkel a remporté dimanche une victoire personnelle lors des législatives, son parti conservateur, la CDU recueillant plus de 42% des suffrages. C'est la première grande dirigeante européenne à survivre à la crise. Mais elle devra probablement gouverner avec l'opposition sociale-démocrate.
L'allié libéral de la CDU, le FDP aurait en effet échoué à atteindre les 5% nécessaires pour avoir des députés au Bundestag (chambre basse du Parlement) pour la première fois dans l'histoire de l'Allemagne fédérale. Les sociaux-démocrates du SPD, eux, auraient recueilli 26 à 26,5% des suffrages, selon de premiers sondages. La chancelière envisagerait en conséquence d'associer le SPD à son gouvernement.
Aucun de ses homologues en Espagne, en France, en Italie, ou au Royaume-Uni, ne s'est fait réélire depuis le début de la crise financière.
Dans l'Allemagne d'après-guerre, seuls Konrad Adenauer et le chancelier de la Réunification Helmut Kohl ont réussi à remporter trois mandats de chancelier.
Tous les sondages avaient prédit que la chancelière conservatrice, 59 ans, personnalité préférée des Allemands, devrait être reconduite pour quatre ans à la tête de la première économie européenne, à l'issue d'une campagne totalement centrée sur sa personne.
Angel Merkel est allée voter à la mi-journée au centre de Berlin, accompagnée de son mari Joachim Sauer.
Quelques heures auparavant à Bonn (ouest), son principal rival, le social-démocrate Peer Steinbrück, avait déposé son bulletin.
Certains analystes envisagent une entrée au Parlement du nouveau parti anti-euro, "Alternative pour l'Allemagne" (AfD), qui enverrait le signal inquiétant d'une montée du populisme dans un pays exaspéré par les plans de sauvetage des pays du sud de l'Europe.
Le dernier sondage de l'institut Emnid paru dimanche dans le journal Bild am Sonntag, crédite les conservateurs d'Angela Merkel (CDU/CSU) de 39% et le parti libéral FDP de 6%, soit un total de 45% qui ne leur assure pas une majorité.
Les sociaux-démocrates, à 26% et leurs alliés traditionnels, les Verts, à 9%, n'avaient quasiment aucun espoir de pouvoir former une coalition.
Les anti-euro de l'AfD sont à 4%, proches du seuil des 5% pour entrer au Bundestag (chambre basse du Parlement). Mais les sondeurs n'excluent pas un score supérieur.
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La chancelière, affectueusement surnommée "Mutti" (maman) dans son parti, a fait campagne sur sa popularité personnelle, tandis que M. Steinbrück s'en est pris à son bilan social. L'Allemagne affiche un taux de chômage à faire pâlir d'envie ses voisins (6,8%) mais est l'un des pays d'Europe comptant le plus de bas salaires.
Le SPD, parti en campagne avec son programme le plus à gauche depuis longtemps, s'est engagé à instaurer un salaire horaire minimum généralisé de 8,50 euros dès février 2014.
Mais une série de gaffes de M. Steinbrück suivie de polémiques--tout récemment un doigt d'honneur du candidat en Une du magazine Süddeutsche Zeitung-- a fait de l'ombre au parti.
Bild am Sonntag, édition dominicale du quotidien le plus lu d'Allemagne, prévient dans un éditorial que, quelle que soit l'issue du vote, "quand la dernière bouteille de mousseux aura été bue (...) alors commencera le temps des soucis".
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