"L'Europe ne se retrouvera pas confrontée à une décennie perdue" (Jörg Asmussen)

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Jörg Asmussen, de la BCE, n'exclut pas un taux de dépôt négatif pour encourager les banques à prêter et ainsi éviter tout risque déflationniste. (Photo : Reuters)
Jörg Asmussen, de la BCE, n'exclut pas un taux de dépôt négatif pour encourager les banques à prêter et ainsi éviter tout risque déflationniste. (Photo : Reuters) (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2011. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
La zone euro est sur la voie de la reprise et ne connaîtra pas de période de déflation comme le Japon, selon Jörg Asmussen, de la BCE. En cas de risque, il est prêt à mettre en place un taux de dépôt négatif pour encourager le crédit, et se dit confiant sur la remise en État des banques de la zone monétaire unique.

De nombreux observateurs s'interrogent, pas Jörg Asmussen, qui est membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE). La zone euro ne risque pas une "décennie perdue" comme celle qu'a connue le Japon empêtré dans la déflation dans les années 1990 et ses réformes en cours contribueront à renforcer la reprise qui est déjà amorcée, a-t-il assuré jeudi.

"Des doutes persistent sur où cette route nous mène"

Au contraire, les Dix-Sept mettent à profit cette décennie pour "régler les problèmes à la racine", a-t-il dit devant le Conseil des relations étrangères à New York en appelant de ses voeux une union bancaire forte et une intégration politique plus étroite.

"Les dernières données économiques suggèrent que la zone euro avance progressivement sur la voie de la reprise - mais des doutes persistent quant à savoir où cette route nous mène", a déclaré le social-démocrate allemand.

"Certains commentateurs pensent que la route sera si longue et difficile que l'Europe se retrouvera confrontée à une 'décennie perdue', comme celle dont le Japon a fait l'expérience dans les années 1990. Cela n'est pas mon opinion.," a-t-il ajouté.

Taux négatif pour décourager les banques de faire dormir leur argent ?

La politique monétaire n'a pas pour objet de régler les problèmes structurels, a-t-il noté par ailleurs, encore que "le maintien de la stabilité des prix pendant une période d'ajustement est essentiel." C'est pourquoi le 7 novembre, la BCE a réduit son taux d'intérêt directeur à un plus bas record et n'a pas exclu de l'abaisser encore si la reprise venait à s'enrayer.

Jörg Asmussen a réitéré que l'institution avait à sa disposition une palette de mesures conventionnelles et non conventionnelles pour maintenir la stabilité des prix, y compris le recours à un taux des dépôts négatif pour décourager les banques de laisser dormir leur argent dans les coffres de la banque centrale et les inciter au contraire à accorder des crédits. "Je serais très prudent pour l'utiliser mais cela ne peut être exclu", a-t-il toutefois noté.

La croissance va revenir, selon Asmussen

Le redressement de la zone euro n'est que progressif et le chômage y reste "inacceptablement élevé" mais la croissance devrait profiter l'an prochain de la hausse des exportations et d'un renforcement de la demande intérieure, a encore prédit le banquier central allemand.

Pour ce qui est de la croissance, il est en ligne avec la Commission européenne qui prévoit une expansion du PIB de 1,1% pour la zone en 2014.

Trois niveaux de protection pour les banques en difficulté

Jörg Asmussen a également évoqué les tests de résistance auxquels seront soumis l'an prochain les principaux établissements bancaires européens avant que la BCE n'en assume la supervision directe.

Il est crucial pour la crédibilité du dispositif que les autorités nationales sachent au préalable ce qu'elles feront pour remédier à d'éventuelles insuffisances, a-t-il fait valoir. "Si vous n'en avez aucune idée, les marchés financiers ne vous feront pas confiance", a-t-il averti. "Ils penseront que vous avez orienté le résultat de manière à vous en sortir."

Pour Jörg Asmussen, les actionnaires des banques, les Etats nationaux puis le Mécanisme européen de stabilité constitueront les trois niveaux de protection pour les banques en difficulté.

LIRE AUSSI :

>> Taux de dépôt négatif : et si l'artillerie de la BCE était un pétard mouillé ?

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Commentaires
a écrit le 23/11/2013 à 19:16 :
Qui vas croire que les centaine de jeune diplômes européen qui son partis par le monde risque de revenir, nos démocratie ne fonctionne pas correctement, il n'y a pas d'avenir industriel, pas de prospérité commune, dans de puissance pas de défense, et nos division n'on jamais été aussi nombreuses.... Tout le reste est du pipeau , ils ne reviendrons jamais. Honte au parlementaire qui prétendre le contraire....
a écrit le 23/11/2013 à 16:45 :
Encore un crane d'oeuf qui va tomber de haut apres les elections europeennes !!!
a écrit le 23/11/2013 à 16:43 :
L"europe existe, l'union europeenne nous n'en avons pas besoin ,pour une union europeenne de l'amitie entre les peuples et c"est tout .
a écrit le 22/11/2013 à 19:28 :
Les taux négatifs, la bonne blague. Cela veut dire que la banque se finance gratuitement et achète des bons du trésor à taux positif, et continue à ne pas financer l'activité. C'est la cas en Italie, Espagne, Portugal... où les gouvernements locaux ont vendu les mêmes balivernes. La solution, des banques nationalisées qui prètent et finance les entreprises; montée en puissance des systèmes de financement coorpératifs.
a écrit le 22/11/2013 à 16:48 :
Encore un qui se croit intelligent, sa boule de cristal à certainement de grosses ratées, nous attendons les chiffres gagnants du loto, c'est pour la semaine prochaine.
a écrit le 22/11/2013 à 16:40 :
Bullshit.
Dans un an il faudrait confronter ce gars a ce qu'il dit là.
D’ailleurs ce petit exercice devrait être fait pour nombre de nos responsables tant Européens que Français.
Et leur demander de prendre leurs responsabilités : démissionner en remboursant tout ce qu'ils ont touché comme pognon public depuis leurs déclarations farceuses !
a écrit le 22/11/2013 à 16:00 :
l'art de l'illusion.......

l'europe est entrain de perdre pied... et vit sur son lustre.... passé...... en se soumettant pied et poings liés..... au futur dictat des USA......

Stop.......

oui, nous avons tous besoin de l'europe, mais non, pas de cette europe la.....
a écrit le 22/11/2013 à 15:26 :
La décennie perdu est déjà passée et a posé les bases pour plus de 10 ans. L'Ukraine a déjà calculé que le bénéfice Européen serait très inférieur a celui du bénéfice Eurasiatique.
a écrit le 22/11/2013 à 11:38 :
En général, quand un technocrate dit que tout va hien, il, faut s'attendre au pire. L'euro est une catatstrophe qui a déjà quasi détruit la jeune génération dans les pays du sud et bientôt en France (merci nos pingouins en chef). Le grand bouleversement est pour bientôt.
a écrit le 22/11/2013 à 10:42 :
Dans tous les cas, cette décennie ne sera pas perdue pour tout le monde : jamais autant eu de milliardaires, jamais autant de richesses mal réparties

Qu'ils arrêtent de jouer aux enfants de coeur en cachant le fouet dans leur dos. Le chômage est une bénédiction pour les élites économiques qui peuvent faire du dumping social en plus du fiscal promu par l'UE.
a écrit le 22/11/2013 à 9:51 :
L'UE c'est la perte de la démocratie et la misère assurée pour tous ...... au profit de quelques uns. Suffit d'ouvrir les yeux pour le voir. Une seule issue possible et ce quelque soient ses convictions politiques : en sortir et vite avec l'article 50 (voir les conf d'Asselineau sur www.upr.fr).
Réponse de le 22/11/2013 à 10:40 :
+1
a écrit le 22/11/2013 à 8:54 :
L'Europe ne se retrouvera pas confrontée à une décennie perdue mais elle sera bel et bien confrontée à une génération perdue (30 ans !) Merci l'Europe.
Réponse de le 22/11/2013 à 9:14 :
Cher Clio, ...elle a bon dos l'europe mais 68 annees sans guerre...ca vaut quoi? l'europe est notre salut. J'habite en asie et sans l'europe la france n'est pas grand chose.
Réponse de le 22/11/2013 à 9:39 :
Ahahaha 68 années sans guerres.... C'est vraiment tout ce qu'il reste comme argument aux européistes... Qu'importe la démocratie tant qu'on a la paix... Désolé, si le continent connait une paix relative depuis 70 années, il ne faut pas oublier que pendant 50 ans c'était surtout pour faire bloc face au pacte de Varsovie.... Une fois l'ennemi disparu, que reste-t-il? Une cacophonie au milieu de laquelle la démocratie disparaît peu à peu.
Réponse de le 22/11/2013 à 9:39 :
Ahahaha 68 années sans guerres.... C'est vraiment tout ce qu'il reste comme argument aux européistes... Qu'importe la démocratie tant qu'on a la paix... Désolé, si le continent connait une paix relative depuis 70 années, il ne faut pas oublier que pendant 50 ans c'était surtout pour faire bloc face au pacte de Varsovie.... Une fois l'ennemi disparu, que reste-t-il? Une cacophonie au milieu de laquelle la démocratie disparaît peu à peu.
Réponse de le 22/11/2013 à 9:50 :
Tout à fait, aucune guerre économique en cours, touuuuuuut va bien.
Réponse de le 22/11/2013 à 19:08 :
@...pas raleur Vous en connaissez beaucoup des types qui iraient aujourd'hui se faire trouer la paillasse pour défendre le pays comme en 14 ou en 40 ? Ou qui iraient prendre les armes pour foutre sur la gueule d'un autre pays ?
Réponse de le 23/11/2013 à 2:41 :
Et la guerre en Yougoslavie, puis au Kosovo c'est des clopinettes. Si on compte ces deux guerres les 70 ans tombent à l'eau.

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