Bonne surprise pour la croissance de la Grande-Bretagne, moins bonne pour ses retraités

Londres a annoncé des prévisions de croissance en forte hausse : celle-ci devrait être de 1,4% cette année, contre 0,6% prévu il y a quelques mois, et de 2,4% en 2014 contre 1,8%. Dans le même temps, le ministre britannique des Finances, George Osborne, a notamment affirmé que l'âge de la retraite devrait être repoussé à 69 ans dans les années 2040.

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Devant la Chambre des Communes, le chancelier de l'échiquier a affirmé que le plan économique de la Grande-Bretagne fonctionne grâce aux sacrifices du peuple britannique mais selon lui, le travail n'est pas terminé.
Devant la Chambre des Communes, le chancelier de l'échiquier a affirmé que "le plan économique de la Grande-Bretagne fonctionne" grâce aux "sacrifices du peuple britannique" mais selon lui, "le travail n'est pas terminé." (Crédits : Reuters)

C'était un "discours d'automne" offensif. Ferme sur la rigueur, George Osborne, le ministre britannique des Finances, a annoncé ce jeudi de nouvelles "décisions difficiles". 

Devant la Chambre des Communes, le chancelier de l'échiquier a affirmé que "le plan économique de la Grande-Bretagne fonctionne" grâce aux "sacrifices du peuple britannique" mais selon lui, "le travail n'est pas terminé."

L'âge de la retraite devrait passer à 69 ans dans les années 2040

"Oui, le déficit est en baisse mais il est toujours beaucoup trop élevé", a ainsi souligné George Osborne. Décision impopulaire s'il en est, le Chancelier a annoncé aux Britanniques un nouveau relèvement de l'âge de départ en retraite, déjà fortement augmenté lors d'une précédente réforme en 2011.

Actuellement fixé à 65 ans, l'âge à atteindre pour toucher cette pension d'Etat devrait passer à 68 ans au milieu des années 2030, une accélération par rapport à l'objectif initial de 2046, et progresser encore à 69 ans à la fin des années 2040. La retraite d'État britannique, très faible, ne dépasse pas les 475 livres par mois (570 euros) et de nombreux salariés cotisent donc aussi à un fonds de pension.

Une croissance de 2,4% en 2014

Artisan d'une cure d'austérité sans précédent depuis l'arrivée au pouvoir de la coalition conservateurs-libéraux démocrates en 2010, George Osborne garde donc le cap de la rigueur malgré une conjoncture économique plus souriante. Tirée par l'activisme de la Banque d'Angleterre, qui a injecté des liquidités massives dans le système financier, et un redémarrage sur les chapeaux de roues de la consommation et du marché immobilier, l'économie britannique a rebondi de manière spectaculaire depuis le début de l'année.

Saluant cette vigoureuse reprise, George Osborne a annoncé une révision en forte hausse des prévisions de croissance à 1,4% cette année, contre 0,6% prévu lors du budget en mars, et à 2,4% en 2014 contre 1,8%. Des chiffres à faire pâlir d'envie la zone euro.

Un "petit" excédent budgétaire en 2018/2019

En conséquence, le déficit, attendu à 6,8% cette année contre 11% en 2010, devrait reculer plus vite que prévu et le pays devrait dégager un "petit" excédent budgétaire en 2018/2019, soit un "an plus tôt" que prévu en mars, s'est félicité George Osborne. Le ratio dette/PIB devrait lui commencer à reculer à partir de 2016/2017, également "un an plus tôt" que prévu en mars.

Des annonces en rafale

Le ministre a par ailleurs annoncé des coupes dans les budgets des ministères d'un milliard de livres (1,2 milliard d'euros) supplémentaire tous les ans durant trois ans. La santé et l'éducation feront toutefois partie des secteurs épargnés.

Autres projets sur le feu : une limitation de la taxe sur les biens immobiliers des entreprises; la création d'une taxe sur les ventes de maisons détenus par les riches étrangers, accusés d'alimenter la bulle immobilière à Londres; le renforcement de la lutte contre l'évasion fiscale et la hausse de la taxe sur les banques.

Un cocktail de coupes budgétaires saupoudré de mesures plus populaires

Comme à son habitude, le Chancelier a saupoudré son cocktail de coupes budgétaires de mesures plus populaires, d'autant plus que les élections de mai 2015 se rapprochent. Il a notamment confirmé le gel d'une taxe sur les carburants ainsi qu'une déduction fiscale pour les couples mariés.

Dès lundi, le gouvernement avait également dévoilé des mesures destinées à réduire les prix de l'énergie, l'une des premières préoccupations des Britanniques remise au centre du débat politique par les travaillistes qui ont promis un gel des prix s'ils remportent les élections.

Afin de renforcer la reprise économique, George Osborne a également annoncé jeudi un milliard de livres de prêts pour débloquer la construction de logements, un régime fiscal généreux pour l'exploitation du gaz de schiste et une exemption de charges patronales pour les salariés de moins de 21 ans.

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