Malgré Bild, le Bundestag devrait valider la prolongation du financement à la Grèce

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La page deux de Bild Zeitung ce jeudi 26 février.
La page deux de Bild Zeitung ce jeudi 26 février. (Crédits : DR)
"Bild Zeitung" s'est lancé ce jeudi dans une campagne d'opinion pour bloquer tout versement d'argent "allemand" à la Grèce. Mais le Bundestag devrait demain valider l'accord du 20 février.

Bild Zeitung ne décolère pas ! Le tabloïd allemand, qui tire à quelque 3 millions d'exemplaires chaque jour, a publié une page "2" barré d'un immense « NEIN » en lettres blanches sur fond bleu évoquant les couleurs nationales de la Grèce. Car ce « non » catégorique s'adresse évidemment, à la veille du vote au Bundestag sur la prolongation du soutien financier à la République hellénique, aux « Grecs avides », comme le précise le texte qui suit ce refus : «Pas de nouveaux milliards pour les Grecs avides. »

Campagne d'opinion

Cette page spectaculaire a un but : organiser une vaste campagne d'opinion. Aussi Bild Zeitung lance-t-il une "action":

"Vous êtes contre de nouveaux milliards à la Grèce ? Alors, participez : portez bien haut cette page de Bild avec le « nein ! » et faites une photo que vous enverrez à Bild par e-mail."

Du nombre de photos reçues, le journal du groupe Axel Springer entend faire un moyen d'agir contre ce que Julian Reichelt, l'éditorialiste du tabloïd, appelle un "scandale" : "que Schäuble & Compagnie croient encore les Grecs."

Les arguments de Bild

L'argumentation de Bild n'est guère développée : elle mélange les promesses non tenues des précédents gouvernements et les demandes du nouvel exécutif hellénique, elle ne voit dans les « milliards » versés à la Grèce qu'un moyen d'engraisser des Grecs « avides », elle ne dit pas un mot de la situation en Grèce et des effets de la politique menée jusqu'ici.

Quant au « sage économiste » Lars Feld, interviewé dans la page, il limite sa critique de la Grèce à la « rupture des règles de la zone euro » - que l'Allemagne ne respecte pas non plus et n'a pas respecté dans le passé, notamment durant son « ajustement » de la période Schröder.

La Commission européenne a ainsi souligné le besoin qu'avait la république fédérale de "prendre des actions décisives » pour réduire ses déséquilibres et réduire les « négatifs effets de ces déséquilibres sur la zone euro". En réalité, il faut attendre la fin de l'interview de Lars Feld pour comprendre les vraies motivations de Bild. Ce dernier en effet estime que "d'autres partis radicaux pourraient se sentir encouragés à réclamer la fin à l'austérité..." Comme le constate le titre choisi par Bild : "L'insolence ne doit pas payer !"

Bild du côté de l'aile droite de la majorité

Bild a donc choisi de défendre une politique d'austérité sans limite, que les Grecs doivent accepter sans broncher (au risque de passer pour des "insolents"). Rien d'étonnant pour un journal qui a attaqué les Grecs régulièrement depuis 2010.

Le tabloïd prend ainsi le parti de l'aile droite de la CDU et de la CSU bavaroise qui, sur ce terrain, est aussi assez proche, dans les faits, du parti eurosceptique Alternative für Deutschland. C'était, jusqu'à vendredi 20 janvier, la position défendue par Wolfgang Schäuble, le ministre allemand des Finances, qui a dû depuis revenir sur sa politique de fermeté. Preuve, s'il en est, qu'en réalité, Angela Merkel a arbitré contre son ministre.

Vote acquis au Bundestag

Du coup, et malgré la campagne de Bild, le nouveau financement à la Grèce devrait être approuvé vendredi par le Bundestag. Comme souvent, la CSU bavaroise menace beaucoup, mais ne s'oppose jamais réellement à la chancellerie. Seuls 22 députés conservateurs sur 311 ont finalement décidé de ne pas voter cette prolongation du financement grec. Comme les 193 députés sociaux-démocrates devraient voter également cette prolongation, la majorité sera sans doute immense.

Alors que le parlement néerlandais a validé l'accord ce jeudi, le problème pourrait plutôt venir de la Finlande, où le paysage politique est très éclaté et où les partis sont en campagne électorale, et de la Slovaquie, qui, en 2011, avait refusé de participer à l'aide grecque.

Bild Nein Grèce 01

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Commentaires
a écrit le 27/02/2015 à 11:03 :
"Bild" ne fait pas de French Bashing. " Bild" est une gazette populaire qui exprime avec une certaine exagèration ce que la masse ressent.
Ce " Bashing" médiatique , celui que fait vendre ce canard se retrouve dans tous les domaines et pas seulement envers la France. C est "Bild" qui a fait sauter le dernier Président de la Republique Fédérale (Christian Wulff) , forcé de demissionner suite a un accrochage avec le Chef Rédacteur de " Bild".
"Bild" c est la voix de la masse populaire et il faut s en méfier.
Depuis l affaire Wulff. aucun politique n ´osera s´y frotter.
Dans l affaire des aides à la Grèce, le peuple aurait dit NON et les parlementaires aussi. C est l´écho de la presse d aujourdui 27 fevrier.
Mais c est la raison qui a emporté et c est pour cela que le Parlement a voté OUI a la continuation des aifes .... jusqu au mois de Juin.
Dans 4 mois on dressera le Bilan et la on verra ce qui va se passer.
Et je prédis: l été sera très chaud pour les Grecs !
a écrit le 27/02/2015 à 10:31 :
Oui oui, ils sont allés faire un tour chez les grecs qui ne rembourseront jamais. (nous non plus) Si je dois 1000 euros j'économise pour rembourser, si je dois 10 millions je ne rembourse rien tant pis si ma dette augmente. Ok ?
a écrit le 26/02/2015 à 23:42 :
Certaines xénophobies sont autorisées. Allez-y, défouloir à bon marché.
Imagine-t-on un journal titrant : "Plus d'argent pour les ... (à compléter au choix) avides". Il n'y a pas de MRAP ou de LICRA en Allemagne ?
a écrit le 26/02/2015 à 22:36 :
que pensez-vous du documentire d'Arte sur la troika?
a écrit le 26/02/2015 à 20:26 :
Bild a aussi titré récemment aussi: KRANKREICH (au lieur de Frankreich)
Ce journal méprise les peuples européens dans son ensemble et fait la propagande du pseudo modèle allemand. Son éditeur est Axel Springer, détenteur aussi du journal conservateur die Welt. Ces deux journaux sont des habitués du French-Bashing.
a écrit le 26/02/2015 à 19:45 :
c´est un journal qui aime la caricature, la satire et incommode.....Son tirage lui garantit sa solvabilité...
a écrit le 26/02/2015 à 19:09 :
Ja, mais dans ce cas, il faut aussi ses rembourser ses dettes de guerre, chère petits allemands au-dessus de tout...
a écrit le 26/02/2015 à 18:38 :
Romaric, vous devenez de plus en plus partisan. Sans être lecteur assidu du "Bild", en quoi est-il erroné de dire que les allemands, français et consorts ont donné de milliards d'euros à la Grèce, bien avant qu'il faille rembourser les banques ? En quoi est-ce erroné d'écrire que si nous continuons à leur prêter de l'argent, ils ne le rembourseront pas plus demain qu'hier. Je trouve vos arguments de plus en plus orientés et de moins en moins assis sur du factuel. Vous développez le même syndrome qu'Olivier Berruyer qui verrait d'un bon œil les transferts perpétuels du nord vers le sud. Et nous, européens du nord, à quel moment nous demande-t-on si nous sommes d'accord ?
Réponse de le 26/02/2015 à 19:12 :
parce que Bild est un journal populiste et dont les informations sont souvent erronées ou exagérées. Ce genre de foutaise ne fait qu'amplifier la rancoeur en peuples. A partir d'un moment faudra bien remettre en cause cette monnaie unique qui n'arrange qu'un seul pays: L'ALLEMAGNE!
a écrit le 26/02/2015 à 18:30 :
hà, je viens juste de mettre à côté un exemplaire de ce torchon, étant assis dans un train en Allemagne. Il faut le prendre par ce que c'est: une campagne démagogique bien du cru de la Bild-Zeitung (un peu comme The Sun aux UK) qui n'aura aucune repercussion sur quoi que ce soit. Je connais personne ici qui prend cela au sérieux (sauf ... notre ami Godin, bien entendu, pour qui c'est de l'eau au moulin).
Réponse de le 26/02/2015 à 19:15 :
si, Bild est le quotidien le plus lu en Allemagne. Pensez aux Grecs qui travaillent en Allemagne, que doivent-ils penser à force d'être stigmatiser comme ils le sont en ce moment par ce genre de journaux.
a écrit le 26/02/2015 à 18:26 :
"SCHEISSE" für Bild
a écrit le 26/02/2015 à 17:40 :
dire qu'il y a 3 millions d'exemplaires de ce torchon, ça prouve bien le niveau intellectuel de ce pays.
Réponse de le 26/02/2015 à 18:40 :
Intéressant. Je me souviens que l'on nous avait vendu l'union européenne comme la paix entre les pays, la richesse, le plein emploi et la croissance. A vous lire et à lire Jamisida ci-dessus, jamais la haine entre nos paix n'a été aussi violente en temps de soit-disant paix. J'en déduis donc fort logiquement que l'union européenne, c'est la guerre.
Réponse de le 26/02/2015 à 19:19 :
vu la montée des parties dit extrémistes dans tous les pays de l'UE, je vous en laisse tirer les conclusions par vous-même. Et ce n'est pas ces 2 commentaires qu'il faut condamner mais plutôt l'article de Bild Zeitung.
a écrit le 26/02/2015 à 16:45 :
Il faut rassurer le journal BILD les grecs ne verront jamais la couleur de ce prêt.Celui-ci ne sert qu'a remboursé une partie des intérêts de la dette.
a écrit le 26/02/2015 à 16:44 :
L'affaire hellénique est pour une petite partie une question d'argent, mais pour une très grande partie une question POLITIQUE "d'autres partis radicaux pourraient se sentir encouragés à réclamer la fin à l'austérité..." , des élections vont avoir lieu en Irlande, en Espagne, en Italie.
Le dogme allemand, datant de 1950, qui consiste à imposer l'ultra libéralisme en Europe quitte à mettre des barrières pour protéger les Parlements, risque de souffrir de la première décision de Tsipras qui a été d'enlever les barrières qui encerclaient le Parlement grec, tout en disant "je vais porter la démocratie partout".
Sans avoir un discours orienté, je dirai que Berlin n'a aucun intérêt à aider le gouvernement de Tsipras à réussir, au contraire, l'Allemagne va tout faire pour qu'il échoue, en s'aidant de nouveaux arrivants baltes et ex du bloc communiste qui confondent liberté et marché libre, Europe et libéralisme, Démocratie et politique monétaire. Pauvre Europe!!!
a écrit le 26/02/2015 à 16:44 :
C'est moche, ce journal allemand c'est à en vomir. La Grèce devrait quitter l'euro, sinon aujourd'hui vers juin, juillet. Les meilleures analyses d'économistes européens soutiennent la thèse que le pays a les moyens pour s'en sortir. Donc, avec ou sans Syriza, le peuple grec devra prendre la bonne décision. Espérons-le.
Réponse de le 26/02/2015 à 17:01 :
Si la Grèce sort de l'Europe, volontairement ou pas, d'autres suivront et le rêve de tous ceux qui veulent une Europe Libre, Indépendante et Solidaire partira aussi.
a écrit le 26/02/2015 à 16:38 :
...ou d'autres journaux ou médias, apprendra les milliards de fraude fiscale, notamment des dirigeants politiques et économiques de ce pays, mais le pire c'est quand on aura des éléments concernant la corruption et les détournements de fonds...d'ailleurs NI Merkel ni m^me Schauble se sont empressés d'enquêter sur ces questions car ils savent que ce serait explosif.
Réponse de le 26/02/2015 à 16:53 :
Une seule banque, la HSBC, est concernée par une fraude de 180 milliards de dollars visant plus de 100 000 personnes. Il y a 84 personnes de nationalité Hellénique, 3 000 de nationalité Française, la triche n'est pas une question de nationalité.
Réponse de le 26/02/2015 à 17:38 :
@Harvy, non, mais on quand on se donne en donneur de leçons, on nettoie devant sa porte avant tout...
a écrit le 26/02/2015 à 16:03 :
L'"aide" à la Grèce est une bonne affaire financière, elle améliore les revenus des différentes banques centrales. Les états auraient tort de ne pas favoriser leur banque centrale, en particulier la Finlande qui en a bien besoin. Le risque encouru est finalement minime.

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