Gueule de bois pour le cognac, les exportations s'effondrent

Maxime Giraudeau
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vignes cognac
MG / La Tribune

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Cultiver la vigne, c'est vivre avec les cycles. Celui des saisons de la plante, de la vinification et du marché. Les trois sont instables, le dernier est impitoyable. La conjoncture économique n'a cure des jeunes ceps. Même avec une hausse de la consommation soutenue par l'accroissement du vignoble depuis une petite dizaine d'années, la crise Covid doublée d'une inflation record met un coup de frein au cognac, comme à d'autres spiritueux.
L'appellation a vu ses exportations baisser de 19 % sur la campagne 2022-2023, et même de 39 % vers l'Amérique du nord. Le Bureau national interprofessionnel du Cognac (BNIC) fait état d'un total de 180 millions de bouteilles vendues pour un chiffre d'affaires de 3,6 milliards d'euros, en retrait de 6 %. Le décrochage intervient après trois années fastes où le vignoble a enchainé les records commerciaux.
Il paye désormais le déstockage des volumes constitués durant le Covid par les acheteurs outre-Atlantique, mais subit aussi les effets de l'inflation qui a particulièrement touché les spiritueux de moyenne gamme (VS et VSOP). Ce revirement du marché intervient alors que l'appellation est engagée dans une politique d'augmentation de ses surfaces. Tout est là pour constituer un avis de tempête qui inquiète la profession.
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C'est dans ce contexte que l'interprofession a renouvelé ses têtes dirigeantes. Avec une absence totale de nouveauté. La famille du négoce a pris la présidence du BNIC pour trois ans le 24 novembre dernier avec Florent Morillon, directeur des affaires institutionnelles de la maison Hennessy. Un cadre déjà élu sous la précédente mandature qui succède au viticulteur Christophe Véral, devenu quant à lui représentant de la famille viticulture. En juin, l'Union générale des viticulteurs de Cognac avait réélu le titulaire sortant et seul candidat Anthony Brun à la présidence. La stabilité plutôt que l'aventure dans une crise ouverte.
Maxime Giraudeau