"La DSL va vraiment démarrer dans six mois"

Quel est l'enjeu du dégroupage et quelle est votre position par rapport à France Télécom ?Pour faire du haut débit, il faut séparer sur les lignes de téléphone le transport de la voix et le transport de données, qui est plus rapide. Pour cela, il faut qu'il y ait chez l'opérateur des répartiteurs - les DSLAM -, permettant cette division. Actuellement, les répartiteurs que nous utilisons appartiennent à l'opérateur historique, c'est-à-dire France Télécom. Depuis le dégroupage - l'ouverture du marché aux opérateurs alternatifs - nous avons le droit de poser nos propres DSLAM chez France Télécom. Ces machines s'assimilent à des robinets, que l'on peut régler. En possédant notre propre infrastructure, nous contrôlons le niveau de débit sur les lignes. Pour l'instant, France Télécom n'ouvre pas beaucoup ces robinets évidemment, ce qui retarde notre déploiement sur le marché, notamment sur celui des entreprises.En ce qui concerne le prix de location du réseau proposé aux opérateurs alternatifs, je pense que ce qui pose surtout problème, c'est que nous ne pouvons pas négocier. Au delà des coûts d'infrastructures liées aux DSLAM, deux autres types de charges entrent en ligne de compte. La location du réseau de téléphone et l'acheminement des requêtes des utilisateurs depuis les lignes téléphoniques jusqu'à Internet, via les "backbones". Or les opérateurs de bandes passantes sont nombreux, on peut donc, comme en économie de marché, faire jouer les prix. Ce n'est pas le cas avec France Télécom. Le haut débit ne semble pas avoir le succès escompté. Où en est exactement le marché aujourd'hui?La DSL a un grand avenir devant elle, qui va s'affirmer lorsque le dégroupage sera réellement effectif d'ici six mois, le temps que nous finalisions les tarifs et installions l'ensemble de l'infrastructure. Pour l'instant, nous revendons en quelque sorte l'offre de France Télécom. Nous n'avons pas voulu attendre afin de prendre des parts de marché.Avec le dégroupage permettant l'augmentation des débits, nous allons pouvoir conquérir le marché des entreprises, qui est énorme. Nous ciblons en particulier les structures jusqu'à 50 personnes qui peuvent réaliser des économies conséquentes. Actuellement elles utilisent des liaisons louées, très chères. Là où elles paient mensuellement quelques milliers de francs, le DSL leur coûterait à peine 1000 francs. L'offre DSL est également adaptée aux structures décentralisées, comme les réseaux d'agences bancaires par exemple. Un tiers de nos clients sont des entreprises.Quant au marché des particuliers il est énorme lui aussi, puisqu'il représente plus de deux millions de foyers tous équipés de téléphones fixes. Car l'ADSL ne nécessite aucune installation supplémentaire et n'encombre pas la partie "voix" de la ligne téléphonique. Et contrairement à l'idée reçue, nous ne sommes pas en vraiment en concurrence avec le câble car l'infrastructure est pauvre. Fin 2000, déjà 160.000 foyers étaient équipés de l'ADSL contre 120.000 pour le câble.Quelle est votre stratégie de déploiement sur le marché des particuliers?Nous ne visons pas le grand public, mais, dans un premier temps, les particuliers déjà internautes. Nous procédons par partenariat. Nous nous sommes liés avec des portails comme Yahoo! et Altavista et avec des sites dont la survie est conditionnée par la connexion haut débit, comme Nouvo ou Clicvision. Le partenariat consiste à avoir une présence sur le site. Ce mode de communication est très bon marché et en plus fonctionne très bien. De toutes façons, les investissements technologiques sont trop élevés pour que nous puissions en plus acquérir de nouveaux clients par les moyens de communication classiques comme la publicité offline.Avez-vous des projets à l'international ou dans d'autres applications comme la téléphonie ?Nous n'avons pas de projet à l'international. Le DSL n'est pas une activité qui permette de mutualiser les coûts. La téléphonie n'est pas prévue non plus, car ce n'est pas une activité à valeur ajoutée. Voyez un peu les difficultés rencontrées par les opérateurs alternatifs aujourd'hui. En revanche il y a d'autres applications possibles avec le DSL comme le broadcast. Si cela n'a pas beaucoup d'intérêt pour les grandes chaînes généralistes, en revanche le DSL permet par exemple de faire de la véritable " Vidéo on demand ". Mais on n'en est pas encore là, sachant que cela nécessite des accords entre un partenaire technologique, la chaîne et un opérateur comme nous.

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