"La baisse du dollar est dans les cours de Bourse"

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"La Tribune". Quels sont les groupes ou secteurs les plus affectés par la baisse récente du dollar ?Laura Delauzun. En premier lieu, toutes les sociétés qui ont des intérêts importants outre-Atlantique. On peut notamment citer les cimentiers, comme Lafarge, ou Accor dans le tourisme. La deuxième catégorie concerne les sociétés dont les prix de vente sont libellés en dollar. Je pense par exemple aux producteurs d'énergie comme Total. Il est également courant d'évoquer le secteur du luxe, qui vise une clientèle américaine. Mais l'impact de la baisse du dollar sur ce secteur est en partie compensé par la hausse du yen. Car la clientèle japonaise est aussi une cible du luxe.A l'inverse, certains peuvent-ils tirer profit de la contraction du billet vert ?En Europe, ils sont moins nombreux que ceux qui en pâtissent, mais il en existe. Les principaux bénéficiaires sont ceux qui achètent en dollars pour revendre en devises européennes. La chimie en fait partie. C'est aussi le cas du textile. Ce secteur importe des produits de pays d'Asie liés au dollar. A ce titre, Adidas, qui fait fabriquer ses chaussures en Asie du Sud-Est, peut être un bénéficiaire de la baisse du billet vert.Le fait d'avoir atteint la parité euro/dollar vous a-t-il amené à faire des arbitrages ?Pour l'instant, nous ne l'avons pas fait. Tout d'abord, dans le contexte de déprime actuel, il est difficile de savoir quelle est la part de la baisse boursière imputable au repli du dollar. De plus, compte tenu du récent plongeon des marchés, je crois que l'effritement du dollar (jusqu'à la parité) est déjà dans les cours. D'ailleurs, la plupart des sociétés sont convenablement couvertes jusqu'à 1 dollar à parité avec l'euro. Il n'y a donc pas lieu de s'inquiéter. En revanche, la situation pourrait s'aggraver si l'euro montait vers 1,15 ou 1,20 dollar. Beaucoup de couvertures seraient alors insuffisantes et nous pourrions procéder à des permutations dans nos fonds. La pharmacie européenne serait très touchée, compte tenu de son implantation aux Etats-Unis. D'autant que les groupes américains seraient alors plus compétitifs en Europe. L'automobile haut de gamme souffrirait. La clientèle américaine est prépondérante pour Porsche ou BMW.

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