L'homme bionique prend corps

C'est une famille américaine presque comme les autres. A ceci près que Jeff, Leslie et Derek Jacobs devraient être les premiers Américains cobayes de la médecine bionique. Si les autorités sanitaires américaines les y autorisent, le père, la mère et le fils se feront bientôt greffer sous la peau des "Verichips", puces électroniques renfermant le dossier médical de chacun d'entre eux. Jeff qui se relève d'un cancer, a été convaincu par son fils Derek, 12 ans, fondu d'électronique. En cas de malaise, d'accident ou de rechute, un simple passage sous le scanner d'un hôpital permettra aux médecins de lire les précieuses informations, bien utiles si le patient est inconscient. La famille estime qu'elle y gagnera en tranquillité d'esprit. Et la société productrice, Applied Digital Solutions, basée en Floride, commence d'ores et déjà à proposer sa puce sur le marché sud-américain où les réglementations sont moins sévères.Depuis déjà quelques années, la recherche s'active pour marier l'électronique et le vivant. Quelques chercheurs ont expérimenté sur eux-mêmes la greffe d'une puce télécommandée à distance pour, par exemple, ouvrir les lumières de la maison ou être repérable en tous lieux. Certains souhaitaient surtout en dénoncer les possibles dérives : "pucé", l'individu perd sa liberté. Mais en médecine, les potentialités paraissent énormes. A commencer par la délivrance de doses de médicaments à la demande et à distance via une puce en silicone que l'on greffe ou que l'on avale, une idée signée du Massachusetts Institute of Technology. Ou, plus sophistiqué, l'implantation d'une micro capsule capable, tel un bio-réacteur, de fabriquer de l'insuline en interagissant avec le corps du patient : une révolution à venir dans le traitement du diabète.L'introduction dans le corps de puces électroniques, capables de stimuler les organes défaillants, fait naître également d'immenses espoirs en neurologie. Certains patients touchés par la maladie de Parkinson ont ainsi été pourvus d'un dispositif de stimulation d'une petite zone du cerveau, qui supprimerait en partie les tremblements et la lenteur de mouvement caractéristiques de cette affection. Ce même principe d'électrostimulation a été expérimenté par des chercheurs partie prenante du programme européen "Stand up and walk" : un circuit électronique est implanté sous la peau du paralysé qui envoie des signaux électriques aux muscles via des électrodes. Le patient, équipé d'un ordinateur portable, actionne chaque pas par pression du doigt tout en s'équilibrant avec des béquilles ou un déambulateur. Demain, peut-être, l'interconnection du vivant avec l'électronique permettra l'émergence de thérapies réparatrices d'un genre nouveau, un domaine que l'on croit aujourd'hui réservé aux scénaristes de "Terminator".Retrouvez l'actualité technologique tous les mercredis dans "La Tribune de l'Innovation", édition papier.

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