Oracle confirme ses prévisions trimestrielles

Le pli est pris depuis deux ans dans la Silicon Valley et à Wall Street : lorsque débute le dernier mois d'un trimestre, acteurs et investisseurs du monde de la high-tech retiennent leur souffle dans la crainte de voir se multiplier les "profit warnings", ces avertissements sur les résultats financiers qui traduisent la détérioration de l'activité et de la rentabilité des grands noms du secteur. Pour l'instant, la saison d'été commence plutôt bien : Oracle, le deuxième éditeur mondial de logiciels, s'est voulu aussi rassurant que possible en précisant qu'il n'émettrait pas d'avertissement pour le trimestre clos le 31 mai, le quatrième de son exercice 2001-2002. Alors que les analystes tablent en moyenne sur un résultat par action hors exceptionnels de 12 cents, le patron du groupe, Larry Ellison, a précisé lors d'une conférence de presse que, "si nous avions fait moins de 12 cents de résultat opérationnel, nous aurions eu besoin d'un avertissement. Nous n'avons pas émis d'avertissement". Mi-mars, le directeur financier du groupe, Jeff Henley, avait cependant délivré un pronostic plus optimiste, en prédisant que le résultat par action serait inférieur d'un ou deux cents aux 15 cents réalisés l'an dernier sur la même période. Le trimestre en cours est d'autant plus important pour Oracle que le groupe y engrange traditionnellement près d'un tiers de ses ventes annuelles. Et que les trois mois précédents l'avaient obligé à émettre un "warning", en raison notamment de ventes de licences en recul de 30% sur un an. Pour la période mars-mai, les analystes tablent en moyenne sur un chiffre d'affaires de 2,6 milliards de dollars, en recul de 22% sur les 3,3 milliards du même trimestre l'an dernier. Oracle souffre évidemment du fait que les investissements des entreprises en haute technologie ne montrent aucun signe de reprise, mais aussi de la lutte acharnée pour les parts de marché qu'il doit livrer à ses grands concurrents, principalement IBM, SAP, Microsoft et Siebel, qui accentue les pressions sur les prix (lire ci-contre). Une récente étude du Gartner Group place d'ailleurs IBM au premier rang mondial des ventes de nouvelles licences de gestion de bases de données, Big Blue détronant ainsi Oracle. A la mi-journée sur le Nasdaq jeudi, l'action Oracle cédait 6,1% à 8,13 dollars. L'Allemand SAP est bien décidé à profiter de la crise pour améliorer ses positions aux Etats-Unis. Alors que ses performances dans la région ont été décevantes en début d'année, SAP a récemment réorganisé sa filiale américaine. Le nouveau patron de celle-ci Leo Apotheker, veut porter à 40% la part des Etats-Unis dans le chiffre d'affaires global du groupe. Mais sa stratégie passe surtout par le marché des logiciels de gestion pour PME-PMI, sur lequel son principal concurrent est Microsoft, via ses filiales Great Plains et Navision.

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