La descente aux enfers continue pour Lucent

 |  | 411 mots
Lecture 2 min.
Nortel et Nokia (lire ci-contre) l'ont déjà laissé entendre ces derniers jours : le marché mondial des équipements de réseaux reste sinistré. Lucent confirme aujourd'hui cette tendance, en émettant un "profit warning" sans ambiguité pour le quatrième trimestre de son exercice 2001-2002. Le groupe américain table désormais sur une baisse de 20 à 25% de son chiffre d'affaires par rapport au troisième trimestre. Ce qui ramènerait ses ventes entre 2,21 et 2,36 milliards de dollars, alors que les analystes tablaient jusqu'à présent sur un chiffre d'affaires de 2,86 milliards. Première conséquence : la perte par action, elle, devrait atteindre 45 cents, au lieu des 16 cents attendus par le marché selon le consensus First Call. Au-delà de la baisse des ventes, le creusement des pertes est aussi dû à un important défaut de paiement d'un client.Soulignant la faiblesse persistante du marché et "l'incertitude actuelle sur les niveaux de dépenses des clients, particulièrement en Amérique du Nord", Lucent prévoit en outre de nouvelles restructurations pour abaisser, une fois encore, son seuil de rentabilité. Un schéma "peau de chagrin" devenu commun dans le secteur depuis bientôt deux ans : les équipementiers réduisent leurs capacités de production pour s'adapter à la baisse des ventes. Mais celle-ci reste supérieure au rythme des restructurations, obligeant les acteurs du marché à enchaîner les plans de réduction des effectifs. Lucent, qui dit viser désormais un seuil de rentabilité de 2,5 à 3 milliards de dollars de chiffre d'affaires trimestriel contre 3,5 milliards auparavant, ne chiffre pas encore l'ampleur d'un éventuel nouveau plan social. Mais celui-ci viendrait s'ajouter aux 7.000 suppressions d'emplois annoncées fin juillet. Le groupe comptait au 30 juin un peu moins de 53.000 salariés, contre 125.000 fin 2000. Il espère toujours renouer avec la rentabilité avant la fin de l'exercice fiscal 2003, le 30 septembre de l'an prochain. Une promesse qui ressemble de plus en plus à un voeu pieux. Et qui ne convainc pas les investisseurs. Standard & Poor's a ainsi revu une nouvelle fois à la baisse la note financière du groupe, la ramenant à B contre B+ auparavant et maintenant une perspective négative. L'agence motive justement sa décision par ses doutes sur la capacité de Lucent à revenir dans le vert. A Wall Street, l'action Lucent chutait de 12,1% à 1,45 dollar en milieu de journée vendredi. A Paris, Alcatel, son grand concurrent français et ex-"fiancé" perdait en clôture 8,29% à 3,76 euros après avoir inscrit un nouveau plus bas historique de 3,50 euros.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :