L'euro a franchi le seuil de 1,21 dollar

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Toujours plus haut : l'euro n'en finit pas de battre des records de hausse. La nuit dernière, à New York, la monnaie européenne a établi un nouveau record historique en franchissant la barre de 1,21 dollar, avant de retomber légèrement en dessous de ce seuil ce matin à Tokyo. A Paris en début de soirée mardi, la devise européenne est retombée à 1,2080 dollar. Et tout indique que le mouvement d'appréciation de la monnaie unique devrait continuer.C'est mardi soir à New York que l'euro a signé son nouveau record, en s'établissant à 1,2113 dollar. La spirale de baisse dans laquelle est engagé le dollar semble donc plus forte que jamais. Car une fois de plus, bien entendu, c'est le billet vert qui baisse plutôt que l'euro qui monte. La chute du dollar est en effet générale face aux autres monnaies. A titre d'exemple, le dollar canadien s'est installé hier en fin de séance au-dessus du seuil symbolique des 77 cents US, qu'il n'avait pas franchi depuis plus de dix ans. Depuis le début de l'année, la devise canadienne s'est appréciée de 22%...Les raisons de la chute du dollar, qui intervient alors même que l'économie américaine donne tous les signes d'une reprise de plus en plus forte qui commence à se répercuter au niveau de l'emploi, sont toujours les mêmes : les opérateurs s'inquiètent de l'explosion des déficits américains, tant commerciaux que budgétaires."La faiblesse du dollar est la conséquence des déséquilibres de l'économie et d'une politique focalisée sur la consommation et les incitations fiscales", estime ainsi David Gilmore, analyste de FX Analytics interrogé par l'AFP, tandis que son confrère David Wyss, principal économiste de Standard and Poor's, affirme que ce qui fait chuter le billet vert, c'est "un déficit commercial de 500 milliards de dollars (par an)". Dans ces conditions, tout le monde s'accorde à penser que le mouvement devrait se poursuivre. "La tendance à voir le dollar s'affaiblir ne se dément pas. Je crois que la pression à la baisse va perdurer à court et à moyen terme", prévoit Satoru Ogasawara, spécialiste des changes chez Credit Suisse First Boston (CSFB) à Tokyo. Au point que nombre d'économistes s'attendent, dans leurs scénarios pour 2004, à voir la parité euro/dollar s'établir aux environs de 1,30 à la fin de l'année prochaine (lire ci-contre).Il reste à savoir, bien sûr, quelle attitude les autorités monétaires des grands pays industrialisés vont adopter face à une dégringolade aussi rapide du billet vert. Dans les salles de marché, on s'interroge sur la possibilité de voir des actions concertées être déployées pour freiner le mouvement. Reste que l'on imagine mal la Banque centrale européenne baisser ses taux dans l'immédiat pour diminuer l'attractivité de l'euro face au dollar : la BCE est davantage préoccupée actuellement par les éventuelles atteintes à la crédibilité de la monnaie unique résultant de la mise entre parenthèse du Pacte de stabilité. Mais les commentaires que fera Jean-Claude Trichet, son nouveau président, demain lors de la réunion du conseil de la BCE seront écoutés avec beaucoup d'attention.

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