La guerre est le nerf de l'argent...

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Au fond du trou... C'est là que sont bel et bien revenus les marchés européens, après leur tentative d'octobre et novembre pour reprendre de la hauteur. Si tant est que le trou ait un fond... Quelques grands indices, comme le CAC 40 à Paris ou le Dax à Francfort, ont certes conforté leurs positions la semaine dernière, en s'offrant un modeste rebond. Mais d'autres, comme le FTSE 100 à Londres, se sont enfoncés un peu plus. Sans que tout cela, comme chacun sait, ait à voir avec une quelconque dégradation de la conjoncture économique. C'est encore et toujours la question irakienne qui détermine aujourd'hui la moindre décision d'investissement... ou de désinvestissement. De fait, les interrogations portent désormais sur la capacité des Bourses européennes, pour les prochaines semaines, à tenir leur niveau actuel ou à plonger davantage.Il y a des raisons de penser que les acheteurs puissent être au moins aussi nombreux que les vendeurs dans les jours à venir. Comme l'observe Richard Davidson, stratège de marché chez Morgan Stanley, les entreprises européennes recommencent à voir leurs profits augmenter, et même dans des proportions surprenantes pour certaines d'entre elles. En outre, du fait de la chute des marchés, "36 % des titres en Europe ont, grâce à leurs dividendes, un taux de rendement supérieur au taux d'intérêt à 10 ans - le rendement le plus élevé depuis au moins les années 60", ajoute Richard Davidson. Enfin, les actions européennes enregistrent aujourd'hui une décote de 35 % par rapport aux actions américaines. "Ce niveau de valorisation intègre déjà une possible récession", reprend le stratège. Les marchés devraient donc, a priori, cesser de baisser.Il n'en reste pas moins que les investisseurs ont montré tout au long de l'année 2002 une aversion croissante au risque. Un sentiment fort compréhensible, après la succession de mauvaises nouvelles de ces trois dernières années : éclatement de la bulle Internet, ralentissement économique, scandale Enron, attentat du World Trade Center... Et comme pour bien marquer la frontière entre la Bourse et le casino, les investisseurs n'entendent pas miser en masse sur les marchés d'actions tant que le conflit irakien n'aura pas éclaté. Non pas que leurs rangs soient principalement formés de bellicistes acharnés. Mais tout comme la nature a horreur du vide, les investisseurs ne peuvent plus souffrir l'incertitude. Ce qui produit ce renversement pour le moins curieux, sinon inédit : aujourd'hui, c'est la guerre qui est le nerf de l'argent.

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