L'immobilier américain résistera-t-il à la hausse des taux ?

Le président Bush ne perd jamais une occasion de le dire : le nombre d'Américains qui ont réussi à acheter une maison s'est établi à un record ces derniers mois. La raison : ils ont évidemment profité de taux d'intérêt historiquement bas pour acheter ou renégocier leur emprunt avec les banques. Mais voilà que l'inflation pointe son nez, et avec elle, la menace, réelle, puisque la Réserve Fédérale l'a déjà laissée pressentir, d'une hausse des taux à venir. Déjà, les taux des emprunts hypothécaires remontent. Pourtant, et même si c'est un voeu pieux, les spécialistes de l'immobilier restent optimistes. La National Association of Realtors a annoncé en début de semaine ses anticipations pour l'année 2004. Même en prenant en compte une hausse des taux d'intérêt, elle envisage encore que les ventes de maisons atteindront 6 millions cette année, soit juste 1,6% de moins que le total vendu en 2003. De même, les ventes de maisons neuves devraient se situer à 1,07 million, à 1,2% seulement en-dessous des chiffres de l'an dernier. Les ventes de maisons devraient continuer de se situer à des niveaux records pendant encore quelques mois, pour s'affaiblir quelque peu durant la deuxième moitié de l'année. Elles resteront cependant historiquement très élevées, a ainsi déclaré la National Association of Realtors.Les agents immobiliers de Floride, par exemple, qui s'attendent à ce que 17 millions de baby boomers prennent leur retraite dans cet Etat d'ici à 2020, voient une légère baisse s'engager dans les mois à venir, mais rien qui correspondrait à un gel des achats. Les économistes de BCA Research, au Canada, sont eux aussi optimistes. Ils estiment que le marché de l'immobilier est moins vulnérable que certains voudraient bien le croire : "il s'écoule souvent un laps de temps assez long entre le moment où les taux commencent à remonter et celui où un impact se fait sentir sur le marché de l'immobilier", affirment-ils. Mieux, il faut en général que les taux remontent fortement pour qu'ils assèchent le marché immobilier. Pour l'instant, en tout cas, les ménages gagnent en moyenne 44% de plus que ce qu'il leur est nécessaire pour obtenir un emprunt bancaire. Une marge de sécurité confortable. Et à cela s'ajoute le fait que la hausse de la Bourse permet à certains ménages de mieux se qualifier pour un emprunt. Bref, on s'en serait douté, seuls les ménages désargentés auront plus de difficultés à convaincre leur banque - et à s'offrir le rêve américain à l'avenir...

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