"On peut s'attendre à une correction temporaire sur le CAC"

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latribune.fr : Les valeurs technologiques vous semblent-elles aujourd'hui survalorisées?Olivier de Bourayne : Il y a six mois, j'avais utilisé le terme de "bulle" à propos du secteur des hautes technologies. Le terme me paraît aujourd'hui excessif et je reviens dessus. Les entreprises européennes ont en effet besoin d'investir dans ces technologies pour gagner de la productivité. Par ailleurs, la demande asiatique reste soutenue. Il est vrai que ces valeurs ont connu une hausse ahurissante. Ne reste-t-il pas, cependant, des valeurs intéressantes dans les technologiques? En effet, la valorisation globalement correcte du secteur n'empêche pas certaines bonnes affaires. Il me paraît ainsi indispensable de conserver du SAP dans son portefeuille, même si le titre est un peu cher. Le management a confiance en l'avenir et la demande reste importante. Je pense également à Nokia qui a encore des marges confortables, malgré les pressions sur les prix. Avec un multiple cours sur bénéfice estimé de 17, le titre du groupe finlandais n'est d'ailleurs pas très cher pour un leader mondial. D'autant que la reprise émerge également dans le domaine des réseaux. Certains secteurs vous semblent-ils un peu en retard? En effet, certains secteurs n'ont pas encore su profiter de la reprise des marchés. Je pense notamment à la distribution où les "gros", comme Carrefour, sont confrontés à une crise du modèle de l'hypermarché. Du coup, des entreprises plus modestes comme Colruyt en Belgique, semblent mieux placées.Si l'on croit à une reprise de l'économie, est-ce le moment de miser sur les valeurs cycliques?Certaines entreprises comme Saint-Gobain, qui est bien placé dans le bâtiment et l'automobile, ou Arcelor, qui pourrait bénéficier d'une hausse des prix de l'acier et de la poursuite du "boom" chinois, me semblent en effet de bonnes affaires. En revanche, il faut se méfier d'autres secteurs, comme le papier, où le danger de la surcapacité revient à la surface. La chimie, en raison de l'effet de ciseaux causé par la hausse simultanée de l'euro et du prix du baril de pétrole, est également plus risquée. Les petites valeurs ont-elles plus de potentiel pour 2004?Pas forcément. L'intérêt des valeurs moyennes et petites est leur moindre exposition au dollar et leur faible valorisation. Je pense par exemple à Monsieur Bricolage qui n'est pas exposé au risque de change et qui dispose de marges confortables. Mais il faut faire un travail au cas par cas. Quels sont les risques pesant sur la reprise des marchés? C'est avant tout le dollar. Une hausse encore massive de l'euro nuirait trop aux résultats des sociétés européennes. Mais il existe d'autres risques, notamment l'éclatement de la spéculation en Chine où il existe une vraie bulle, comme l'ont montré les récentes introductions. Il ne faudrait rien de plus qu'un retour du SRAS ou qu'un désastre causé par la grippe aviaire pour crever l'abcès. C'est pourquoi je maintiens certaines valeurs en "fond de portefeuille" comme BMW qui est devenu quasi "défensif" et qui a une politique active de couverture sur le risque dollar. Concernant l'actualité boursière à Paris - l'OPA de Sanofi-Synthélabo sur Aventis - croyez-vous à une surenchère substantielle? Je ne pense pas qu'il y aura une surenchère importante sur Aventis. Si le titre était aussi sous-valorisé qu'on nous l'a dit, il y aurait sans doute plus de repreneurs à la porte. Ce n'est pas le cas. De façon plus générale, je m'interroge pour savoir où est la croissance dans cette opération, sachant que les digestions de telles fusions sont souvent longues et difficiles. En revanche, cette OPA pourrait bien sonner l'heure des concentrations dans le secteur. Il existe encore de petites sociétés en Allemagne, ou des divisions pharmaceutiques de groupes chimiques belges (UCB, Solvay) qui sont des proies potentielles intéressantes. Sans compter le serpent de mer de la fusion entre Novartis et Roche. Quel est votre scénario pour le CAC 40 en 2004? Chacun s'attend à une correction que j'estime de l'ordre de 200 points. Le marché est monté trop fortement et sans discontinuité depuis mars. C'est trop. Reste à savoir quand cette correction interviendra. Le deuxième semestre est perçu comme assez difficile sur le plan économique par les marchés en raison de la situation économique américaine. Du coup, la Fed pourrait donner le ton à cette baisse. Je l'estime cependant provisoire. En fin d'année, le CAC pourrait atteindre 4.000 ou 4.100 points.

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