La SEC cherche à rassurer les Européens

Il y a d'abord eu des bruits, qui ont été répercutés dans la presse. L'Europe, qui doit adopter les standards internationaux de comptabilité en 2005, a un problème avec les dérivés. Ces produits, qui figurent parfois dans les bilans, parfois hors bilan, sont difficiles à évaluer. Plusieurs techniques sont possibles, comme le "marked to market" ou la "fair value". Mais si les techniques adoptées sont différentes des normes internationales de l'IASB, tout cela pourrait conduire à plus de volatilité. "C'est bien pour éviter ce genre de situation qu'il faut des standards clairs et précis sur la prise en compte des dérivés", déclare Donald Nicolaisen, le chef comptable de la SEC à La Tribune. "Et en adoptant la fair value, tous ces problèmes seraient éliminés", poursuit-il. Certes, ce spécialiste au sein de l'autorité réglementaire est conscient du fait que certains instruments se prêtent plus que d'autres à ce procédé. "Mais nous souhaitons que le reste du monde adopte des méthodes qui se rapprochent des standards édictés au niveau international", poursuit Donald Nicolaisen. Et quand le Financial Times lui a posé la question, il y a quelques jours, il a été clair. "Notre inquiétude n'est pas nouvelle", dit-il d'ailleurs aujourd'hui. Reste que les Européens ne semblent pas apprécier. On se souvient de la levée de boucliers après l'instauration des règles issues de la loi Sarbanes-Oxley. "Mais il ne s'agit pas, pour les Américains, de forcer les Européens à faire quelque chose qu'ils répugnent à faire. Il s'agit, ensemble, de trouver des solutions pour se rapprocher le plus possible des standards internationaux en matière de comptabilité d'entreprise, et je vous rappelle que ces normes n'ont pas été édictées par les Américains, mais par un ensemble de régulateurs internationaux", poursuit ce spécialiste. L'Europe, pour l'instant, n'a pas réagi officiellement aux craintes exprimées à travers la presse par la SEC. "Mais nous ne nous attendions pas à une réaction. Nous souhaitons en revanche que la task force de conseillers européens qui va réfléchir à ces problèmes trouve des solutions pour se rapprocher le plus des standards internationaux. Cela ne veut pas dire que les méthodes adaptées seront absolument identiques aux dispositions internationales. D'ailleurs, il peut y avoir diverses solutions, la marge de manoeuvre est relativement grande", remarque Donald Nicolaisen. Mieux, ce régulateur assure que la SEC peut elle aussi bouger, afin de se rapprocher des Européens. "Nous pouvons faire un pas en direction de l'Europe, explique-t-il, à la condition, évidemment, de viser toujours le meilleur niveau de comptabilité possible". Et de conclure que ce qui importe le plus à la SEC, bien entendu, ce sont les investisseurs : "nous voulons leur offrir la possibilité d'investir dans des entreprises européennes, c'est pour cela que nous sommes exigeants".

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