Sarkozy fixe à 2% du PIB le budget de défense minimum

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Le candidat UMP souhaite proposer un traité simplifié pour résoudre la crise institutionnelle européenne et la création d'une banque mondiale du combustible nucléaire civil. Il s'inquiète de l'évolution de la Russie, souhaite accroître la présence diplomatique française en Asie et renforcer le débat parlementaire sur les questions de politique internationale.

Lors d'une conférence de presse sur son programme de politique internationale, Nicolas Sarkozy a estimé ce mercredi à 2% du PIB le budget "minimum" en matière de défense, soit un niveau voisin du niveau actuel. "C'est le prix de notre indépendance nationale, de nos responsabilités internationales, et de notre sécurité. C'est là un devoir de l'Etat qu'il serait irresponsable d'opposer à d'autres politiques non moins essentielles à la nation comme l'éducation ou la recherche", a-t-il plaidé.

Selon le candidat UMP à l'élection présidentielle, la première urgence de la politique étrangère française doit être le règlement de la crise institutionnelle européenne. "Si je suis élu président de la république, je proposerai à nos partenaires européens un traité simplifié (...) Il n'aura pas pour but de refondre l'Europe politique, il aura pour but que les institutions européennes se remettent à fonctionner", a-t-il réaffirmé. Il a enfin jugé "vital que les Etats européens puissent approfondir leur coopération en matière de défense".

Le président de l'UMP a par ailleurs rendu hommage à l'action de Jacques Chirac en ex-Yougoslavie, au Kosovo, en faveur du Liban, contre la guerre en Irak, à "son action décisive en matière de changement climatique" et à ses efforts pour "défendre notre identité culturelle". Interrogé sur le "domaine réservé" que représente la politique internationale pour le chef de l'Etat français, Nicolas Sarkozy a indiqué qu'il souhaitait que le débat politique soit renforcé sur les questions essentielles de l'action internationale.

Selon lui, les gouvernements britanniques, espagnols et italiens ont fait les frais du manque de débat démocratique au sujet de la guerre en Irak. Enfin, le candidat UMP souhaite déployer les forces diplomatiques françaises en Asie, compte tenu du "potentiel de croissance" de la région.

"Pour garantir la protection de nos intérêts vitaux (...), la dissuasion nucléaire reste un impératif absolu à mes yeux", a par ailleurs déclaré le candidat. "La perspective d'un Iran doté de l'arme atomique est inacceptable", a-t-il souligné, demandant à Téhéran de "choisir" sous peine de s'exposer à des "sanctions accrues".

Nicolas Sarkozy a proposé la création, sous l'égide de l'ONU et de l'Agence internationale pour l'énergie atomique, d'une "banque mondiale du combustible nucléaire civil qui garantirait aux pays émergents les bienfaits de l'énergie atomique sans risque de détournement militaire. "Je souhaite par exemple proposer à l'Algérie, avant d'autres Etats, de l'aider à développer une capacité nucléaire civile en échange d'un partenariat sur l'exploitation des champs gaziers", a-t-il ajouté.

En outre, Nicolas Sarkozy juge préoccupante l'évolution de la Russie dans le domaine des droits de l'homme et estime que la France "ne peut pas se taire" devant cette situation. "Ce n'est pas parce que la Chine et la Russie sont de très grandes puissances que l'on doit s'interdire de dénoncer les violations des droits de l'homme qui y sont commises", a-t-il déclaré. "On ne peut pas rester silencieux face aux 200.000 morts et aux 400.000 réfugiés des guerres de Tchétchénie. Le silence n'est pas tenable", a-t-il souligné.

Interrogé au sujet d'Airbus et EADS, dossier qui empoisonne les relations franco-allemandes, Nicolas Sarkozy a estimé que les difficultés actuelles du groupe relevaient surtout d'un problème d'actionnariat. "Le problème d'EADS, ce n'est pas d'abord un problème franco-allemand, c'est un problème d'actionnariat (...) Vous avez une entreprise qui a de grands projets industriels, donc de grands besoins de financement, et vous avez un actionnariat qui, pour des raisons multiples (...), ne souhaite pas investir davantage dans cette entreprise. Comment ça peut durablement fonctionner ?", a-t-il poursuivi. "La question essentielle d'EADS c'est quel actionnariat demain", a fait valoir le ministre de l'Intérieur, qui a estimé que les Etats, en l'occurrence la France et l'Allemagne, n'étaient pas "les actionnaires industriels les plus avisés".


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