Tour de France : les audiences télé restent bonnes malgré les scandales

Avec 3,6 millions de téléspectateurs de moyenne et une part d'audience de 39,2%, France Télévisions n'a pas subi le contrecoup d'un Tour de France chaotique, éclaboussé une fois de plus par le dopage.

France Télévisions n'a pas trop de soucis à se faire. Malgré les nombreuses affaires de dopage qui ont émaillé la Grande Boucle, les spectateurs n'ont pas fui les retransmissions de l'épreuve. En moyenne, 3,6 millions de Français ont suivi les vingt étapes du Tour de France, soit 39,2% du public, selon les chiffres de l'institut Médiamétrie. Ces performances sont cependant inférieures aux records atteints en 2004 et en 2005 mais elles restent stables par rapport à la précédente édition.

La dernière étape a rassemblé en moyenne plus de 4,6 millions de téléspectateurs, pour une part d'audience (pda) de 41%, la meilleure pour une arrivée depuis 2004. Une pointe à 7 millions de téléspectateurs (56% de pda) a été enregistrée lors de l'arrivée sur les Champs-Élysées. Les étapes de montagne ont été particulièrement suivies: celles des Alpes ont réuni 4,8 millions de téléspectateurs de moyenne (48% de pda), celles des Pyrénées 4,3 millions (42% de pda). Les magazines consacrés au Tour de France sur France 2 et sur France 3 affichent eux-aussi de bons résultats.

Les trois contrôles positifs et l'exclusion de Mickael Rasmussen, alors maillot jaune mais coupable d'avoir menti à plusieurs reprises sur son emploi du temps, échappant ainsi à plusieurs contrôles anti-dopage inopinés, n'ont donc pas eu de forte incidence sur les audiences du Tour de France. Le lendemain de l'exclusion d'Alexandre Vinokourov et du départ de son équipe Astana, l'étape menant les coureurs au col de l'Aubisque a ainsi rassemblé en moyenne 44,3% du public.

Alors que les chaînes allemandes ARD et ZDF avaient décidé de mettre un terme à la retransmission de l'épreuve, France Télévisions a très vite écarté cette possibilité. "Pour le moment, il n'y a aucune raison que nous interrompions la diffusion en direct du Tour" avait expliqué Daniel Bilalian, responsable des sports des chaînes publiques. "Nous avons confiance en ASO, l'organisateur de la Grande Boucle, qui a toujours affiché sa ferme intention de lutter contre le dopage dans le cyclisme et particulièrement dans le Tour. (..) Il n'est pas question de remettre en cause les accords que nous avons signés avec eux et qui courent jusqu'à 2008 et il n'existe aucune clause de sortie pour ce genre de cas".

Un peu partout en Europe, le constat est le même. Bien qu'éclaboussé par les scandales, le Tour de France ne connaît pas une importante érosion de ses audiences. L'Allemagne fait exception. Fortement touché par la mise au jour d'un réseau organisé au sein de la T-Mobile, par les aveux de ses meilleures coureurs et par l'implication de Jan Ullrich, seul vainqueur allemand de la Grande Boucle, dans l'affaire "Puerto", le public allemand a boudé l'épreuve.

La chaîne Sat.1, qui avait récupéré les droits de retransmission après la décision d'ARD et de ZDF, a admis lundi être déçu et a laissé entendre qu'elle ne diffuserait plus de cyclisme. "Nous ne tablions pas sur des pointes d'audience, mais les résultats enregistrés sont inférieurs à nos attentes: cela tient sans doute au manque de crédibilité de l'épreuve", a indiqué une porte-parole de la chaîne. "Ces chiffres ne justifient pas une retransmission". La chaîne a réuni une audience moyenne de 710.000 téléspectateurs sur les dix étapes qu'elle a retransmises en direct pour une part d'audience de 5,7%.

T-Mobile se donne encore un peu de temps
L'opérateur téléphonique allemand, présent dans le peloton depuis 1991, a décidé de se donner plus de temps avant de prendre une décision concernant son avenir dans le cyclisme. "Nous allons prendre le temps qu'il faudra, nous le devons à tout le monde, mais cette décision devra intervenir dans les deux semaines à venir", a ainsi indiqué Christian Frommert, directeur de la communication de la maison-mère Deutsche Telecom. "Le Tour de France s'est terminé dimanche, nous voulons évaluer les développements et prendre une décision en fonction de faits. De plus, nous allons discuter avec les responsables politiques et sportifs, avec les médias aussi". Son éventuel retrait aurait valeur de symbole, T-Mobile étant l'un des plus importants, des plus anciens et des plus emblématiques sponsors du cyclisme. Il s'était en plus montré très actif ces derniers mois dans la lutte anti-dopage après les nombreuses révélations de ses anciens coureurs, mettant au jour un véritable réseau organisé.

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