L'explosion de l'usine AZF de Toulouse renvoyée devant le Tribunal correctionnel

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L'ancien directeur d'AZF, Serge Biechelin, et la filiale chimique du groupe Total, Grande Paroisse, sont renvoyés devant le Tribunal correctionnel de Toulouse pour "homicide et blessures involontaires et destruction de biens". Le procès devrait avoir lieu en 2008.

Après six ans d'attente, le procès de l'affaire AZF devrait enfin s'ouvrir. Le juge d'instruction Thierry Perriquet a en effet renvoyé mercredi en correctionnelle l'ancien directeur de l'usine et la société Grande Paroisse, filiale chimique du groupe Total propriétaire du site pour "homicides et blessures involontaires et destruction de biens". La catastrophe avait fait 30 morts et plus de 2.500 blessés, selon l'Institut de veille sanitaire. En outre, l'explosion sur le site chimique de Toulouse avait provoqué une secousse importante, de l'ordre de 3,4 degrés sur l'échelle de Richter, soufflant ou endommageant un grand nombre de bâtiments à des kilomètres à la ronde.

A la suite de ce sinistre, de nombreuses actions avait été entreprises par le gouvernement. Une loi relative à la prévention des risques technologiques et naturels et à la réparation des dommages a notamment été votée en 2003. Par ailleurs, les inspections des sites à risque se sont multipliées tandis qu'une cellule d'appui aux situations d'urgence à été mise en place en 2004.

La décision du juge d'instruction est néanmoins loin de faire l'unanimité. "La lecture du réquisitoire n'a répondu à aucune question de la défense", a déclaré l'avocat de Grande Paroisse, Me Daniel Soulez-Larivière. Par conséquent, aucun appel ne peut être fait de sa part. Il reste toutefois très réservé concernant le rapport des experts sur l'origine de l'explosion qui conclut à un incident chimique. Total considère depuis le début cette hypothèse comme irréaliste. Alors que le rapport soupçonne des actes de négligence qui auraient conduit à un mélange chimique incompatible dans le hangar 221 de l'usine AZote Fertilisant, le groupe français met en avant un effet domino provoqué par des courants électromagnétiques.

De même, les familles des victimes contestent avec vigueur l'ordonnance de renvoi rendue par le juge toulousain. L'avocate de l'Association des familles endeuillées d'AZF, Me Stella Bisseuil, souhaite d'ailleurs faire appel dans les plus brefs délais. Elle dénonce notamment les non lieux prononcés concernant les infractions à la législation du travail, les entraves à la justice et la mise en danger d'autrui.

L'affaire d'AZF n'en finit donc pas de peser sur la région alors que les pouvoirs publics cherchent à tourner la page. Le président de l'agglomération du Grand Toulouse et ancien ministre des Affaires étrangères Philippe Douste-Blazy a en effet lancé la semaine dernière les travaux de construction du premier bâtiment public du Cancéropôle de Toulouse. Ce centre de recherche dédié à l'innovation biologique sera édifié sur l'ancien site de l'usine AZF. Ce projet est cependant assez critiqué par des élus socialistes de la région, qui considèrent le site choisi comme peu approprié. Outre les débats autour de la dépollution totale du site, l'usine voisine Isochem qui appartient à la SNPE, groupe qui produit le carburant d'Ariane, a connu un incident en juin: une fuite d'acide chlorhydrique. Certes sans conséquences sur la santé, cet incident relance les spéculations autour d'un possible problème sur ce site qui aurait pu entraîner la catastrophe AZF.

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