Travailler chez soi, le meilleur moyen de ne pas régler ses affaires perso au bureau.

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Aux Pays-Bas, où le pragmatisme est une seconde nature, on a trouvé un moyen original de lutter contre le temps consacré par les salariés à leurs affaires perso. De plus en plus, les employeurs incitent leurs cadres à emporter leur travail à la maison.

Le temps passé par les employés néerlandais à leur affaires privées sur les lieux de travail atteint une moyenne de 4 heures par semaine (contre 4 heures et 20 minutes en 2005). Selon le dernier "baromètre des technologies de l'information" du cabinet Ernst & Young, publié le 4 octobre, deux jours de travail par mois peuvent être considérés comme perdus par les employeurs.

Principaux fauteurs de trouble : internet, les courriels et autres coups de téléphone personnels. Aux Pays-Bas, seules les grandes entreprises ont adopté des mesures de prévention. Au total, 4 entreprises sur 10 barrent l'accès à certains sites internet, selon l'enquête de Ernst & Young, menée auprès de 600 personnes.

Les garde-fous s'avèrent particulièrement faibles dans l'administration et les entreprises de moins de 20 salariés, relève Jacob Verschuur, l'un des responsables du baromètre. "Il est remarquable qu'une diminution plus importante du temps passé à des affaires privées dans les entreprises ne se soit pas produite, malgré l'introduction de règles sur l'usage personnel qui peut être fait d'internet et des courriels", estime-t-il. Et de conclure à l'existence d'un "statu quo" entre employeurs et employés.

Une nouvelle tendance est apparue pour enrayer ces déperditions : l'encouragement du travail à la maison. De plus en plus, les employeurs incitent leurs cadres à emporter leurs dossiers chez eux. Une pratique en net essor depuis 2005, et à laquelle plus de la moitié des cadres supérieurs néerlandais s'adonnent désormais - contre 41 % en 2004. Aux yeux de 18 % des employeurs interrogés par Ernst & Young, la productivité paraît nettement meilleure à domicile. Il n'y a plus que 15 % des patrons néerlandais pour s'opposer fermement à toute pratique de travail en dehors du bureau.

La Fédération des syndicats néerlandais (FNV, 1,1 million de membres), elle, ne cache pas son inquiétude. La principale centrale syndicale du pays réclame des limites précises face à la montée du travail à domicile, dans lequel elle voit surtout des heures supplémentaires qui ne sont pas comptées à la fin du mois. La FNV redoute que les employeurs ne profitent de la situation pour mettre la pression sur leurs salariés.

Sous couvert d'anonymat, le manager d'une société de logiciels américaine à Amsterdam se plaint en effet de certains abus. Avec plusieurs collègues, il passe régulièrement des nuits blanches, chez lui, à jongler avec les décalages horaires pour appeler ses différents partenaires à travers le monde. Aucune heure supplémentaire ne lui est jamais réglée pour cet extra, qu'on attend de lui en échange d'un salaire confortable et d'un degré élevé de responsabilité.

Lien (en néerlandais) : www.ictbarometer.nl

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