La situation sur les taux rend les marchés nerveux

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Allumés depuis une semaine, les voyants d'alerte continuent de clignoter sur l'ensemble des marchés financiers. Longtemps indifférents à la fermeté affichée par les banques centrales et à la remontée des taux à long terme, les investisseurs ont commencé à perdre leur belle assurance la semaine dernière.

Allumés depuis une semaine, les voyants d'alerte continuent de clignoter sur l'ensemble des marchés financiers. Longtemps indifférents à la fermeté affichée par les banques centrales et à la remontée des taux à long terme, les investisseurs ont commencé à perdre leur belle assurance la semaine dernière.

Il faut dire que des seuils psychologiques importants ont été cassés sur les marchés de taux: celui de 5 % pour les emprunts de l'Etat américain a été pulvérisé jeudi. Le mouvement se poursuit: ce mercredi matin le rendement sur les Treasuries à dix ans dépassait 5,30 %. Nombre d'opérateurs redoutent que cela ne dresse le décor d'un "bear market". L'aversion pour le risque gagne de plus en plus d'investisseurs, craignant que la hausse des taux longs américains ne présage un relèvement des taux directeurs par les autorités monétaires de Washington, maintenus inchangés à 5,25 % depuis presque un an. A leurs yeux cette situation pourrait annoncer un tarissement des flux de capitaux ayant dopé Wall Street, tout autant qu'un renchérissement des coûts des emprunts qui viendrait rogner les profits des entreprises... ainsi que le financement des opérations de fusions géantes qui se multiplient au point de donner le tournis aux marchés.

Hier à Londres, le gouverneur de la Banque d'Angleterre a prévenu que l'institution pourrait relever ses propres taux directeurs à 5,75 % - ce qui serait un plus haut depuis six ans - afin de freiner l'inflation.

Seuls les propos de l'ex-président de la Federal Reserve, Alan Greenspan ont détendu l'ambiance: l'ancien oracle des marchés a estimé qu'il ne fallait pas craindre de vente massive de Bons du Trésor américains par la Chine.

C'est en réalité la situation intérieure de la Chine qui commence également à inquièter les investisseurs internationaux, toujours prompts à s'effrayer d'une surchauffe - ou plus exactement des mesures d'austérité prise par le gouvernement afin de refroidir le rythme d'expansion - dans un pays dont la croissance tire l'économie mondiale. A son niveau le plus haut depuis 27 mois, l'inflation de 3,4 % en Chine a progressé en mai davantage que ne le souhaiterait le gouvernement.

Reflet de ce changement de situation, sur les marchés des change, la remontée des rendements américains nourrit l'appréciation du billet vert, au plus haut depuis deux mois face à l'euro. La devise européenne est passée sous le seuil des 1,33 dollar, un plus bas depuis fin mars. Face à la devise japonaise, le dollar vaut également 122,20 yen, un niveau auquel il n'était pas monté depuis décembre 2002.

Ce mercredi matin, les marchés boursiers, à commencer par ceux des zones émergentes - les plus sensibles à tout changement de sentiment des institutions aiguillant les flux de capitaux mondiaux - ont réagi de façon mesurée. L'indicateur paneuropéen Dow Jones Euro 50 perd ainsi 0,4 % à 3.850,06 points. A Paris le CAC abandonne 0,6 % à 5.863,03 points. En Asie, la Bourse de Tokyo a fini sur un recul de 0,16 % à 17.732,77 points tandis que Hong Kong baissait de 0,28 % à 20.578,75 points. Sur les marchés à termes américains, les investisseurs pariaient sur une ouverture en baisse de Wall Street (-0,2 % pour le S&P 500).

Même en Chine, où l'éventualité d'une explosion de la bulle sur les marchés boursiers fait craindre un éventuel effet de contagion, le sang froid est de mise. Même si les derniers chiffres de l'inflation alimentent les craintes d'un nouveau recours à des outils monétaires, le principal indice de la Bourse de Shanghai a fini en hausse de 1,91% pour se hisser au-dessus de la barre symbolique des 4.000 points.

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