La détection du nématode du pin dans la forêt cultivée des Landes de Gascogne inquiète la filière bois. Le ravageur pourrait peser lourd sur les enjeux socio-économiques du plus grand massif forestier d’Europe.La présence du microscopique ver est avérée sur quelques arbres seulement dans le département des Landes. Mais il frappe déjà fort. La zone tampon autour du foyer met tous les acteurs de la filière bois à l’arrêt dans un rayon de 20 kilomètres. « Du jour au lendemain, tout s’est arrêté, confirme Anne Guivarc’h, directrice de Fibois Landes de Gascogne, l’interprofession de la filière bois du massif. Les travaux d’élagage, de coupe, le transport… La zone concernée, autour de Seignosse, est très dynamique pour le massif. On a dénombré sept entreprises directement impactées. »
Différentes organisations professionnelles évaluent actuellement les pertes pour les communiquer aux pouvoirs publics. Mais Anne Guivarc’h espère rapidement voir les restrictions s’alléger : « On pense que la situation est sous contrôle pour limiter les impacts sanitaires et économiques. » D’ici trois semaines, les nouvelles analyses donneront une idée plus précise de l’ampleur du foyer.
Dans le massif, tout le monde se préparait à l’arrivée du ravageur. Sa détection au début du mois de novembre tombe plutôt bien. Elle correspond à la période hivernale : de novembre à mars, l’insecte vecteur du ver, le longicorne du pin, ne vole pas. « Il y a en ce moment des coupes ciblées sur tout arbre symptomatique. Il ne faut plus d’arbre mort au mois de mars, pour éviter que la maladie se propage ensuite », anticipe Christophe Orazio, directeur exécutif de l’Institut européen de la forêt cultivée (IEFC).
En Espagne, des « zones décrétées contaminées »
Car il y a bel et bien danger pour la filière. Le nématode du pin, organisme ravageur classé en « quarantaine prioritaire » au titre de la législation européenne, peut asphyxier un pin de plusieurs mètres de haut en bloquant la circulation de sa sève. Ce petit ver d’un millimètre est transporté d’arbre en arbre par son insecte vecteur, et a déjà fait des ravages en Espagne et au Portugal depuis les années 2000.