Le microscopique nématode du pin fait trembler la forêt des Landes de Gascogne
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Nématode du pin
AH / La Tribune
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Nématode du pin
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« Nous nous trouvons ici au cœur du foyer, la zone infestée de 500 mètres. Vous voyez ce pin là-bas. Ce n’est pas parce qu’il n’a pas l’air en forme qu’il est nécessairement infecté par le nématode », pointe Sygrid Launes, cheffe du pôle santé des forêts en Nouvelle-Aquitaine. Avec Emmanuel Kersaudy, son adjoint, spécialiste du nématode du pin, et Virginie Alavoine, la directrice régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt, elle a tenu à partager un message rassurant au lendemain de la première découverte de cet organisme ravageur à Seignosse, dans les Landes, le département le plus boisé de France.
« Nous redoutions l’arrivée de cet organisme, classé "quarantaine prioritaire" par la réglementation européenne, depuis plusieurs années, étant donné sa présence au Portugal depuis 1999 puis en Espagne », explique-t-elle, bottes au pied.
Indétectable à l’œil nu, le nématode est un ver translucide qui s’installe uniquement dans les pins maritimes après y avoir été déposé par le coléoptère. Une fois le pin infecté, la circulation de sève est entravée et l’arbre meurt en quelques semaines. La petite bête, originaire d’Amérique du Nord, a été découverte lors de prélèvements de surveillance effectuée depuis 2012 au sein du massif des Landes de Gascogne.
À cheval sur les Landes, la Gironde, le Lot-et-Garonne et les Pyrénées-Atlantiques, il s’agit de la plus vaste forêt d’Europe avec sa surface d’un million d’hectares, qui a la particularité d’être composée quasi-exclusivement de pins maritimes.
« Tous les ans, 300 échantillons sont prélevés sur des pins morts ou périssant en Nouvelle-Aquitaine. Cela a été le cas de quinze arbres sur cette parcelle. Nous effectuons des recherches complémentaires pour savoir lesquels sont contaminés et s’il y en a d’autres », détaille Sygrid Launes.
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« Le nématode ne présente aucun risque pour la santé humaine ou animale. On peut continuer à se promener en forêt, rassure Virginie Alavoine. Il est en revanche interdit, pour les professionnels et les particuliers, comme le stipule l’arrêté préfectoral, de couper et de transporter du bois dans un périmètre de 20 kilomètres. Le bois contaminé doit être récolté, puis brûlé, par exemple dans une chaudière, pour éviter la propagation », rappelle-t-elle.
Le préfet de région Etienne Guyot, avec les préfets des Landes et des Pyrénées-Atlantiques, car 42 communes landaises et 10 basques se trouvent dans le périmètre, ont réuni, mercredi et jeudi, les élus et représentants de cette grande filière pour faciliter les prélèvements et appeler à signaler les arbres suspects.
La forêt landaise est majoritairement privée et exploitée pour une multitude d’usages, de la construction, à l’ameublement, la cosmétique au transport et la génération d’énergie. Six millions de mètres carrés de bois sont récoltés tous les ans, selon Fibois, l’interprofession de la filière bois locale, représentant trois milliards d’euros de chiffre d’affaires et 34 000 emplois directs.
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La menace est réelle : « Au Portugal, un tiers de la surface des pins maritimes a disparu, mais cette baisse n’est pas exclusivement due au nématode », relativise Sygrid Launes. Depuis mercredi, la zone est passée au peigne fin. « Après le résultat des analyses complémentaires, attendues dans trois semaines au plus tôt, un nouvel arrêté définira les mesures à prendre. Nous aimerions éviter l’abattage préventif préconisé par le règlement européen », conclut Virginie Alavoine.
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