Le ministère de l’Agriculture annonce la reprise anticipée des exportations de bovins dès le 1er novembre, mettant fin à quinze jours de suspension qui ont crispé la filière. Cette décision intervient pourtant alors que l’épidémie continue de progresser, notamment dans le Jura et les Pyrénées-Orientales où quinze nouveaux foyers viennent d’être détectés.
Le bras de fer aura été court. Face à la levée de boucliers de la FNSEA, syndicat majoritaire, le gouvernement fait machine arrière et annonce la reprise des exportations de bovins à compter du 1er novembre. La suspension, décrétée il y a quinze jours pour endiguer la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), est levée par la ministre Annie Genevard « afin de préserver la situation économique de la filière bovine ».
La France exporte pour plus d’un milliard d’euros de jeunes bovins chaque année, principalement vers l’Italie et l’Espagne pour y être engraissés. La suspension bloquait des dizaines de milliers d’animaux, générant des coûts supplémentaires de nourriture et une pression intense sur les prix, redoutée par les fédérations d’éleveurs. Cette décision politique vise aussi à soutenir « tous les professionnels responsables qui ont consenti à des efforts majeurs », précise le ministère.
Une épidémie à deux vitesses
Le gouvernement justifie cette réouverture par l’absence de nouveaux foyers déclarés en dehors des zones déjà réglementées. La stratégie sanitaire mise en place, qui avait permis de maîtriser les foyers initiaux en Savoie et Haute-Savoie dès la mi-octobre, est jugée efficace. Le ministère attribue d’ailleurs la diffusion de la maladie hors de ce berceau alpin à des mouvements « illicites » d’animaux.
La reprise ne vaut donc que pour les zones considérées comme indemnes. Les exportations restent interdites depuis les zones réglementées constituées autour des foyers identifiés entre septembre et mi-octobre dans le Rhône, l’Ain, les Pyrénées-Orientales et le Jura.
Car sur le terrain, la situation est loin d’être stabilisée. Si Paris se félicite de l’efficacité de son cordon sanitaire, les chiffres montrent une nette accélération de la maladie à l’intérieur de ces périmètres. Quinze nouveaux foyers ont été détectés au cours des trois dernières semaines, principalement dans les Pyrénées-Orientales et le Jura. À titre de comparaison, seuls sept foyers avaient été repérés sur les neuf semaines précédentes.
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La stratégie de l’abattage maintenue
Pour garantir la reprise des flux, les contrôles sur la traçabilité seront renforcés dans les centres de rassemblement de bovins jusqu’au 16 novembre. L’objectif est d’assurer « une réactivité sanitaire optimale en cas de besoin ». Les rassemblements festifs impliquant des animaux restent, eux, proscrits.
Depuis l’apparition de la DNC en France, 95 foyers ont été officiellement enregistrés, touchant 63 élevages distincts. La stratégie d’éradication de l’État, basée sur le dépeuplement total des foyers dès l’apparition d’un seul cas, a déjà conduit à l’abattage de plus de 2 600 animaux.