" On ne peut pas accepter que des substances bannies chez nous réapparaissent indirectement par le biais des importations. C'est du bon sens ", a déclaré Annie Genevard sur X
Sous la pression du monde agricole et à la veille d’échéances commerciales sensibles avec le Mercosur, le gouvernement annonce la suspension prochaine des importations de denrées alimentaires contenant des résidus de substances interdites en Europe.
Le gouvernement hausse le ton sur les importations agricoles. Dimanche, le Premier ministre Sébastien Lecornu et la ministre de l’Agriculture Annie Genevard ont annoncé la prochaine suspension des importations de produits alimentaires en provenance d’Amérique du Sud – et au-delà – contenant des résidus de substances interdites dans l’Union européenne.
« Un arrêté sera pris dans les prochains jours, à l’initiative de la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, pour suspendre l’importation de produits contenant des résidus de substances interdites en Europe : mancozèbe, glufosinate, thiophanate-méthyl et carbendazime », a annoncé le Premier ministre sur X. Ces substances, utilisées comme fongicides ou herbicides, sont bannies pour les producteurs européens.
Contacté par l’AFP, le ministère de l’Agriculture précise que l’arrêté sera publié mardi. La France devra toutefois obtenir le feu vert de la Commission européenne dans un délai de dix jours. Un accord qu’Annie Genevard espère décrocher mercredi, à l’occasion d’un déplacement à Bruxelles.
Une liste large de produits concernés
La mesure vise une large palette de denrées : avocats, mangues, goyaves, agrumes, raisins et pommes « d’Amérique du Sud ou d’ailleurs », mais aussi melons, cerises, fraises ou pommes de terre. Ces produits ne pourront plus entrer sur le territoire français ni être commercialisés.
« Des contrôles renforcés seront réalisés par une brigade spécialisée pour garantir le respect de nos normes sanitaires », a précisé Sébastien Lecornu, évoquant « une première étape pour protéger nos filières et nos consommateurs et lutter contre la concurrence déloyale, véritable enjeu de justice et d’équité pour nos agriculteurs ».
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Cette annonce intervient dans un climat agricole particulièrement tendu. Les exploitants font face à la crise de la dermatose nodulaire contagieuse et restent mobilisés contre la signature du traité de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur, attendue le 12 janvier.
« On ne peut pas accepter que des substances bannies chez nous réapparaissent indirectement par le biais des importations. C’est du bon sens », a déclaré Annie Genevard sur X. « D’où qu’ils viennent, les produits importés doivent respecter nos normes. La France montre l’exemple en Europe », a-t-elle ajouté.
La ministre avait déjà prévenu, le 8 décembre, qu’elle interdirait « les importations sur notre sol de produits contenant des substances interdites en Europe » si la Commission européenne ne s’en saisissait pas. Samedi, dans un entretien à La Tribune Dimanche, elle indiquait avoir « activé » cette « mesure conservatoire ».
En ligne de mire : le régime européen des résidus. « L’UE interdit certaines substances pour nos producteurs, mais fixe pour les importations des limites maximales acceptables de résidus que la France juge trop élevées », explique le ministère, qui plaide pour une application plus stricte des normes européennes, avec un objectif clair : ramener ces seuils à « zéro » pour les produits entrant sur le territoire.