A deux mois du salon Millésime Bio, grand rendez-vous annuel des vins bio à Montpellier, la filière craint que les récentes contraintes dans l’utilisation du cuivre ne pénalisent les conversions, alors que le marché des vins bio continue à progresser dans un contexte de déconsommation de vins.Faut-il voir le verre à moitié plein ou à moitié vide ? La filière française des vins bio oscille entre espoir et inquiétude. Lors d’une conférence de presse le 18 novembre, l’équipe de SudVinBio, association interprofessionnelle des vins bio d’Occitanie, a dressé un bilan contrasté de la situation de la filière.
Côté pile, les ventes de vin bio enregistrent une nouvelle croissance de 7 % en 2024, tant en volumes qu’en valeur. Depuis 2012, le chiffre d’affaires de la filière n’a cessé de croître avec un taux de croissance de plus de 10 % entre 2012 et 2017, qui s’est ensuite stabilisé autour de 6 à 7 %. Une performance dans le contexte actuel de baisse de la consommation de vin en France et de recul des exportations. Les ventes progressent surtout chez les cavistes (+ 13 %), en CHR (+ 12 %), en vente directe et à l’export (+ 10 %). Elles accusent par contre un recul de 8 % en grande distribution.
Menace sur les conversions
« Nous allons prendre rendez-vous avec les acteurs de la grande distribution pour les convaincre de référencer de nouveau les vins bio dans les rayons de supermarchés et faire repartir la croissance sur ce circuit de distribution, annonce Julien Franclet, président de SudVinBio, qui se réjouit de la récente validation des accords de durabilité fixant des prix d’orientation permettant une juste rémunération des producteurs. Il faut que les acheteurs comprennent que s’ils achètent en-dessous des prix d’orientation, les producteurs vont disparaître et demain, ils ne pourront plus s’approvisionner en vin bio français. »
Mais côté face, malgré cette belle croissance du marché, certains producteurs tirent la langue, reconnaît Julien Franclet : « La croissance du marché ne suffit pas pour absorber la hausse des volumes de production, qui ont bondi suite à la dynamique des conversions enregistrée depuis 2019. Le vignoble bio a doublé en six ans, alors que les ventes ont progressé de 50 %. Certains volumes de vin bio ne trouvent donc pas preneurs et sont déclassés en vins conventionnels ».