Des personnes se rassemblent le 14 octobre 2025 près de la Tour Eiffel lors d'une manifestation appelée par les agriculteurs français et la Confédération paysanne pour protester contre l'accord de libre-échange UE-Mercosur.
REUTERS - Stephane Mahe
Malgré les concessions de Bruxelles, la France a réitéré son opposition catégorique à la signature de l'accord de libre-échange avec le Mercosur. Paris joue ainsi un coup de poker diplomatique pour protéger son agriculture, mais met l'Union européenne dans une position très délicate et l'Italie en position d'arbitre.
Le communiqué publié dimanche soir par Matignon a jeté un pavé dans la mare. Le Premier ministre français, Sébastien Lecornu, a actualisé la position de la France sur le traité de libre-échange avec le Mercosur que l’Union européenne espère signer avant la fin de l’année. Malgré les engagements pris par Bruxelles depuis octobre pour satisfaire ses « lignes rouges », notamment l’adoption d’un règlement complétant la clause de sauvegarde prévue par l’accord et des « mesures miroirs », ainsi qu’un renforcement des contrôles sanitaires, Paris y reste opposé :
« Ces avancées sont encore incomplètes et doivent être concrétisées puis mises en place de façon opérationnelle, robuste et effective, pour pouvoir produire et apprécier leurs pleins effets », considère Matignon, qui déplore de « simples annonces ».
Les marges de manœuvre dont dispose la Commission européenne sont en effet désormais très limitées. Aucune des garanties exigées par la France ne peut atteindre le « caractère robuste et opérationnel » qu’elle demande avant plusieurs mois.
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