Au large de l'île d'Oléron, la France pourrait essuyer son premier échec sur l'éolien en mer. Selon nos informations, au moins huit des neuf candidats au projet ont jeté l'éponge.C'est presque terminé pour l'AO7, l'appel d'offres pour développer un parc éolien en mer au large de l'île d'Oléron, sur la façade Atlantique française. Selon nos informations, il ne reste - au mieux - qu'un candidat dans la course, ce qui compromet sérieusement le processus de mise en concurrence défini par la Commission de régulation de l'énergie (CRE). D'ici à quelques semaines, elle pourrait soit conclure à l'échec de l'AO7 si le candidat restant ne remplit pas les critères, soit le considérer comme vainqueur.
L'alerte sonnée par les développeurs d'énergie renouvelable était donc fondée : le prix plafond proposé par l'État pour la vente de l'électricité produite, fixé à 100 euros le mégawattheure (MWh), s'est révélé beaucoup trop bas au vu de la complexité du parc. À quarante kilomètres au large des côtes charentaises, l'installation éolienne aurait été la plus profonde au monde, avec une hauteur sous-marine de 70 mètres. Faisable techniquement, répondent certaines entreprises, à condition d'y mettre les moyens comme jamais.
Trop d'oiseaux, pas assez de vent
« Les fondations devraient mesurer 90 mètres de hauteur, ce qui amènerait à concevoir des nouvelles technologies. Les bateaux pour poser ce genre de fondations n'existent pas, il faudrait faire des fondations en deux morceaux et ça ne s'est jamais fait », décrypte auprès de La Tribune un candidat qui résume sa position ainsi : « À ce prix-là, on ne sait pas faire. »
Maxime Giraudeau, avec Juliette Raynal