Une expérimentation de biosurveillance territoriale vient de se terminer sur le territoire littoral de l’Occitanie. Objectif : tester le préventif en détectant dans l’environnement les virus transmissibles par les moustiques avant même l’apparition de cas humains ou animaux. Une alternative à la lutte antivectorielle curative consistant à gérer les cas avérés de virus en démoustiquant les foyers atteints et leurs alentours.Haro sur le moustique et les virus qu’il transmet à l’Homme… Face à la montée en puissance de ce risque, la Région Occitanie et la Métropole de Montpellier viennent d’expérimenter un programme de biosurveillance territoriale inédit.
Baptisé MISArbO (pour Méthodologie Innovante de Surveillance des Arbovirus), son objectif est de détecter les virus dans l’environnement avant même l’apparition de cas humains ou animaux.
Car la pression monte chaque année un peu plus. Le moustique tigre, arrivé en France en 2004, fait l’objet d’une haute surveillance, en particulier entre le 1er mai et le 30 novembre, en raison de sa capacité à transmettre des maladies comme la dengue, le chikungunya ou le Zika. Le 25 septembre dernier, un bulletin de l’Agence régionale de santé (ARS) Occitanie annonçait que dans la région, du 1er mai au 23 septembre 2025, avaient été identifiés « 88 cas importés [maladie contractée lors d’un voyage] de dengue, 102 cas importés de chikungunya et 1 cas importé de Zika », ainsi que
« 59 cas autochtones [virus transmis par un moustique porteur à une personne n’ayant pas voyagé] de chikungunya dans le Gard et l’Hérault » et « 5 cas autochtones de dengue en Haute-Garonne, dans le Lot, les Pyrénées-Orientales et l’Hérault ». Au niveau national, l’ARS comptabilisait « 939 cas importés de dengue, 993 cas importés de chikungunya et 10 cas importés de Zika ». Et d’ajouter qu’« afin de limiter le risque de transmission autochtone, 299 prospections entomologiques et 225 traitements de lutte antivectorielle ont été réalisés dans l’entourage des cas ».
96 % de la population exposée en Occitanie
Le programme MISArbO est piloté par la biotech montpelliéraine IAGE, en partenariat avec l’Unité de recherche PCCEI (Université de Montpellier, INSERM) et l’expertise entomologique d’Altopictus, opérateur de lutte antivectorielle pour l’ARS Occitanie.
Chez Altopictus, Antoine Mignotte, entomologiste médical et coresponsable R&D, rappelle que « le moustique-tigre est aujourd’hui présent dans 80 départements en France, et en Occitanie, 96 % de la population est exposée, avec 2 610 communes colonisées sur les 4 454 ».