« Ou pas ? » La chronique de Philippe Vandel

Chaque semaine, Philippe Vandel passe en revue les médias.
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Chaque semaine, Philippe Vandel passe en revue les médias.
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🥶 C’est l’hiver, ou pas ? Sur Franceinfo jeudi à 9 heures, la journaliste Agathe Lambret apostrophe la présentatrice météo : « Christine Peña, vous nous annoncez un temps glacial… – Oui, glacial. C’est l’hiver ! »
Elles n’ont sans doute pas lu ce gros titre du Parisien : « Nous sommes de plus en plus frileux ». Première phrase : « La France est passée en mode hiver, mais rien à voir avec le froid d’antan. » Le Parisien se propose de « rembobiner » (ce verbe de boomer) : fin novembre 1925, il faisait -19 °C à Clermont-Ferrand ou -15 °C en région parisienne ; à Tours, la Loire charriait des glaçons…
📢 On alerte, ou pas ? Le système d’alarme incendie du groupe scolaire La Varenne de Noisy-le-Grand (Seine-Saint-Denis) est en carafe depuis septembre. La Dépêche sonne le tocsin : « Pour pallier ce manque, la municipalité a distribué au personnel une douzaine de vuvuzelas, ces trompettes en plastique appréciées par les supporters de football. » 26 euros pièce, quand même !
🙈 On voit bien, ou pas ? Le reporter du Parisien Yves Jaeglé a vu le spectacle de Valérie Lemercier, mais sans l’avoir vue. Explication : le Théâtre Marigny propose des places « à visibilité réduite », d’autres carrément « sans visibilité ». Elles ne coûtent que 15 euros. C’est moins cher qu’une vuvuzela. Pas d’image donc, juste le son de l’artiste. « Lors des entrées en scène […], les gens rient et on ne sait pas pourquoi. » Le Parisien conclut d’un mot : « lunaire ». Euh, sur la Lune, y a pas de son.
📵 On est présent, ou pas ? BFMTV : « La présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet a demandé aux députés d’arrêter de publier des photographies des bancs de leurs adversaires politiques dans l’hémicycle quand ils sont vides, pour ne pas qu’ils soient “stigmatisés”. » Benoîtement, je subodorais qu’elle allait demander aux absents d’être plus présents. Mais non. Il faudra un jour écrire une histoire de la stigmatisation.
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👎 On girlcotte ou pas ? Ainsi donc, le festival de la BD d’Angoulême n’aura pas lieu. Un inextricable conflit entre organisateurs, dessinateurs et éditeurs. Le Point tente de résumer : « [L]es grands éditeurs se sont entendus pour ne pas se rendre au festival d’Angoulême en janvier. Dans un communiqué, l’inter-orga, qui réunit collectifs d’artistes et syndicats, a détaillé : “Nous insistons sur le fait que le boycott/girlcott est maintenu : il est impossible de faire redescendre la mobilisation tant que la société 9eArt+ pilotera la manifestation […].” »
🍀 Qu’est-ce qu’ils n’ont pas écrit là ? Sur X, Géraldine Woessner, rédactrice en chef au Point, se désole : « C’est extraordinaire. Charles Cunningham Boycott, administrateur foncier britannique, s’est fait détester des Irlandais en 1880 pour avoir refusé de baisser les loyers et expulsé des fermiers. Pour le punir, la population locale décide alors de l’effacer de la vie sociale : personne ne lui parle, on ne lui vend rien, on ne lui livre plus son courrier… De cet isolement est né le mot “boycott”. L’associer à la création “girlcott” est éclatant de connerie. »
😪 Ça fait rire, ou pas ? Le week-end dernier, Libération consacrait deux pages à la chute d’audience de France Inter : « Confusion éditoriale, perte de sens et management jugé brutal : le malaise grandit chez les salariés de la station, qui a perdu 458.000 auditeurs en un an. »
« Les auditeurs sont déroutés », concède à Libération Mickaël Thébault, le rédacteur en chef de la matinale. Libé : « Les critiques pleuvent sur le dernier casting d’humoristes mis à l’antenne. » Thébault cingle : « On est loin de ce qu’on a pu faire par le passé. On a des humoristes qui ne sont ni corrosifs, ni impertinents, ni drôles. Au bout d’un moment, cela va poser un problème. »
🤣 Justement, en voici un. Jeudi, Alexis Le Rossignol œuvre dans « La grande matinale » d’Inter : « Il paraît que les humoristes de France Inter ne sont plus ni corrosifs, ni impertinents, ni drôles. C’est pas moi qui le dis, je l’ai lu dans Libé… » Quel sens de la diplomatie ! L’humoriste passe sous silence le fait que ce scud n’a pas été expédié sur Inter par Libération, mais par son propre rédac chef. Ceci explique cela ? Autour de lui, tout le monde se gondole.
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🎤 Alexis Le Rossignol enchaîne : « T’es humoriste sur France Inter : tu viens, tu lis ton petit papier, ça fait marrer personne, mais personne ne te dit rien. C’est hyper agréable au quotidien. Parfois, en spectacle, je fais une blague pas drôle et je me dis : je vais la jeter. Puis après, je me dis : mais non Alex, garde-la pour France Inter. Et hop, je recycle ! Le recyclage, c’est un enjeu majeur aujourd’hui. »
Éclats de rire dans le studio.
Ou pas ? Si. En vrai.