À -9 % en nombre d'exemplaires, les ventes de BD et manga ont marqué le pas en 2024 en France. Mais la bulle née du Covid permet toujours au 9e art d'être le deuxième genre littéraire le plus plébiscité. Les grands éditeurs nouent des partenariats à l'international et draguent les créateurs de séries Netflix pour rebondir.La bande dessinée est de ces secteurs qui connaissent un âge florissant depuis que le Covid a frappé la planète. Après avoir vendu 48 millions d'exemplaires en 2019 en France puis 53 en 2020, la bulle s'est envolée en 2021 et 2022 avec 85 millions d'unités écoulées, tutoyant les 900 millions d'euros de chiffre d'affaires annuel. Alors forcément, quand le livre dessiné enregistre ensuite, coup sur coup, deux baisses des volumes d'environ 10 %, l'euphorie laisse place à la panique. « On recherche un nouvel équilibre après l'explosion de 2021 », temporise un exposant du festival international de la BD d'Angoulême.
Les chiffres 2024 de l'institut d'études de marché GfK-Nielsen présentés sur le festival ont pourtant de quoi contenter le secteur : avec 68 millions d'exemplaires (-9 %) et 867 millions d'euros de recettes, le désormais inséparable tandem BD-manga s'affirme bien comme le deuxième genre le plus plébiscité par le lectorat français. Dans le top des ventes, on retrouve le manga du youtubeur Inoxtag, le dernier tome de la série jeunesse Mortelle Adèle puis le premier opus de la nouvelle série du dessinateur Riad Sattouf : Moi, Fadi. Le frère volé. Le ralentissement est d'autant plus à nuancer que 2024 n'a pas été gratifiée de la sortie d'un nouvel album d'Astérix, qui s'écoule chaque année impair à environ 2 millions d'exemplaires.
La machine manga
Dans tous les principaux marchés européens, le coup de frein oscille entre -5 % (Royaume-Uni) et -11 % (Pays-Bas) en volume. En France, les recettes restent tout de même deux fois supérieures à 2019. L'objet graphique tient bien la corde en dépit de l'inflation et d'un prix moyen de la BD qui a bondi de +5 % en un an. Une cadence toujours dynamique portée aussi par le pass Culture, dont 40 % des crédits sont dépensés dans le livre et près de 15 % rien que sur le manga.
Maxime Giraudeau, à Angoulême