Aéronautique : Air Support veut encore doubler de taille face au boom des moteurs d'Airbus et Boeing

Air Support envisage à nouveau de doubler de taille avant 2030.
Rémi Benoit

Air Support envisage à nouveau de doubler de taille avant 2030.
Rémi Benoit
Safran a établi un nouveau record l'an passé en livrant plus de 1 800 moteurs LEAP pour Airbus et Boeing. Une tendance qui va s'accélérer dans les années à venir puisque le motoriste table sur un quasi doublement de ses livraisons en 2028.
Cette accélération des cadences aéronautiques booste également les groupes de maintenance aéronautique (MRO). Fondé en 1992 près des chaînes d'assemblage d'Airbus à Colomiers, le groupe Air Support s'est implanté depuis 2013 à Pujaudran dans le Gers avec une croissance exponentielle malgré le trou d'air de la crise sanitaire. Son chiffre d'affaires est passé de 8 millions d'euros à son arrivée dans le Gers en 2013 à 95 millions d'euros estimés en mars 2026. Sur la même période, son effectif a été multiplié par cinq passant de 50 à 250 salariés.
A l'automne dernier, Air Support avait inauguré une extension de 1.800 m2 (moyennant cinq millions d'euros d'investissements) qui s'ajoute au bâtiment historique de 2.700 mètres carrés, de quoi doubler sa surface de production. Mais à peine avoir investi ses nouveaux locaux, le groupe gersois envisage à nouveau de doubler de taille.
Ce doublement du chiffre d'affaires est lié notamment à une montée de gamme des réparations du groupe. « Aujourd'hui, nous réparons des équipements plus complexes, donc le chiffre d'affaires par équipement a beaucoup augmenté en passant de 3 000 euros à nos débuts et aujourd'hui, cela peut monter jusqu'à 120 000 euros par réparation », précise la cheffe d'entreprise.

Air Support travaille en direct pour les motoristes comme Safran ou General Electric mais également pour les grands groupes de MRO comme Air France Industries, dont les besoins sont grandissants.
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« Les premiers moteurs LEAP (qui équipent les Boeing 737 MAX, les A320neo d'Airbus ainsi que les C919 du chinois Comac, NDLR) ont été livrés il y a huit ans et nous avons des besoins de réparation sur ces équipements. En parallèle, son prédécesseur, le moteur CFM 56, qui équipe les monocouloirs d'Airbus (A320) et les Boeing 737, va rester en activité jusqu'à 2030. Nous avons aussi engrangé de nouveaux clients en Malaisie, au Mexique... Et puis nous réparons de nouveaux types d'équipements comme des vannes haute pression », explique la dirigeante d'Air Support qui réalise 80% de son chiffre d'affaires à l'export.
En plus de ce site gersois, Air Support bénéficie aussi d'un redécollage en flèche de son activité d'assistance technique sur les sièges des avions neufs, basée près des lignes d'assemblage finales d'Airbus à Colomiers.
D'ici à 2030, le groupe compte passer de 250 à 350 salariés. Après 50 recrutements l'an passé, 30 embauches sont prévues en 2026. Le marché de l'emploi reste à flux tendu sur certains postes. Air Support expérimente donc des méthodes alternatives de recrutement avec France Travail comme des stages d'immersion ou une méthode de recrutement par simulation via des exercices de mise en situation pour tester les aptitudes des candidats. « On oublie le CV et cela permet de détecter des talents », confirme Sabine Tertre.
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De quoi attirer aussi des salariés non familiers de la filière aéronautique. « J'ai passé 15 ans dans le BTP et après un accident du travail j'ai dû me réorienter », témoigne ainsi Sébastien Tajan qui a désormais rejoint Air Support. Pour sa part, Christophe Boullonnois était mécanicien automobile et il est aujourd'hui technicien de maintenance aéronautique après avoir suivi une formation. Deux membres de sa famille ont également rejoint l'entreprise, Air Support versant une prime de cooptation à tout salarié contribuant au recrutement d'un nouvel employé.
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