Canberra recevra finalement trois sous-marins nucléaires de classe Virginia déjà en service au sein de l’US Navy, contre un mélange initialement prévu d’unités neuves et d’occasion. Le gouvernement australien défend une solution plus simple et moins coûteuse pour un programme estimé à plus de 235 milliards de dollars sur trente ans.
L’Australie revoit à la marge mais de façon significative l’un des programmes de défense les plus ambitieux de son histoire. Réunis à Singapour à l’occasion du Dialogue de Shangri-La, les ministres de la Défense australien, américain et britannique ont confirmé une évolution du programme Aukus portant sur l’acquisition de sous-marins nucléaires d’attaque.
Canberra devait initialement recevoir un mélange de bâtiments neufs et d’occasion de la classe Virginia. Finalement, les trois premiers sous-marins transférés par les États-Unis seront tous issus de la flotte déjà en service de l’US Navy. Pour le vice-Premier ministre et ministre australien de la Défense, Richard Marles, cette décision répond avant tout à une logique d’efficacité opérationnelle. « Dans le contexte d’un projet très complexe, nous devons accorder une importance primordiale à la simplicité », a-t-il expliqué dimanche.
Selon lui, le fait de disposer de trois bâtiments identiques permettra de simplifier la formation des équipages, la maintenance, la gestion des pièces détachées et l’organisation de la chaîne logistique.
Réduire la complexité d’un programme géant
Les trois partenaires d’Aukus - l’Australie, les États-Unis et le Royaume-Uni - présentent cette évolution comme une mesure de rationalisation.
Dans leur déclaration commune, Richard Marles, le secrétaire américain à la Défense Pete Hegseth et son homologue britannique John Healey affirment vouloir « simplifier la gestion de la chaîne d’approvisionnement », alléger les contraintes de maintenance et optimiser les coûts. « C’est clairement rentable », a insisté Richard Marles, rappelant que le programme représente un investissement colossal pour les finances australiennes.
Selon les estimations officielles, l’ensemble du projet Aukus pourrait coûter jusqu’à 235 milliards de dollars américains sur trois décennies.
Les difficultés industrielles américaines en arrière-plan
Cette évolution intervient également alors que les capacités industrielles américaines restent sous tension. La marine américaine exploite actuellement 24 sous-marins de classe Virginia, mais les chantiers navals peinent à atteindre l’objectif de production fixé à deux nouveaux bâtiments par an.
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Cette situation nourrit depuis plusieurs mois un débat à Washington. Certains élus et experts s’interrogent sur l’opportunité de transférer des sous-marins nucléaires à un allié alors que la flotte américaine cherche elle-même à maintenir son niveau opérationnel face à la montée en puissance militaire de la Chine.
Pour Canberra, toutefois, Aukus demeure la pierre angulaire de sa stratégie de défense dans l’Indo-Pacifique. Le programme doit permettre à l’Australie de disposer pour la première fois de sous-marins à propulsion nucléaire et de renforcer son intégration militaire avec les États-Unis et le Royaume-Uni dans une région devenue l’un des principaux foyers de rivalité stratégique mondiale.