La Banque centrale européenne a maintenu ce jeudi son taux directeur à 2% pour la cinquième fois depuis juillet.
Statu quo sur la politique monétaire. La Banque centrale européenne (BCE) a maintenu ce jeudi son principal taux directeur à 2 %, et ce, pour la cinquième fois depuis juillet. La raison est claire selon le communiqué de l'institution : l'inflation « devrait se stabiliser au niveau de son objectif de 2 % à moyen terme » et l’économie demeure « résiliente dans un environnement mondial difficile ».
Euro fort
La semaine dernière, l'euro a brièvement dépassé 1,20 dollar, un plus haut en quatre ans et demi, avant de redescendre à 1,18 dollar, face à la perspective que Kevin Warsh, partisan d'une politique monétaire stricte, devienne le prochain président de la Réserve fédérale américaine. Même loin du record d'1,60 dollar pour un euro en 2008, le taux de change actuel inquiète les grands argentiers en zone euro.
Christine Lagarde « choisira pour le sujet de l'euro une formulation du type "nous suivons attentivement les évolutions", sans indiquer une orientation claire de la politique monétaire si l'euro atteint un certain niveau ou un certain rythme d'appréciation », affirmait ce jeudi matin à l'AFP Marco Wagner, économiste chez Commerzbank. En maniant au passage des éléments de langage tels que « pleine flexibilité » et « aucun engagement à l'avance», ajoute-t-il.
Quelles perspectives pour les prochains mois ?
Si la BCE ne vise aucun niveau de change précis, elle rappelle régulièrement que les fluctuations de la monnaie sont surveillées, car elles influencent directement la trajectoire de l'inflation. Avant la réunion de ce jeudi, le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, avait souligné sur LinkedIn que la BCE « suit de près cette appréciation de l'euro et ses conséquences possibles en termes de baisse de l'inflation ».
Un euro fort rend les importations libellées en dollars moins chères sur des biens comme le pétrole, le gaz naturel liquéfié et d'autres matières premières, accentuant les pressions désinflationnistes, alors que la BCE anticipe déjà une inflation inférieure à son objectif cette année et l'an prochain. Actuellement, l'inflation en zone euro a ralenti plus que prévu en janvier, à 1,7 %, après 2,0 % en décembre, qui était en ligne avec l'objectif de 2 % visé par l'institution, selon les données d'Eurostat. Un euro fort et une inflation basse, deux raisons qui pourraient amener à terme la BCE à baisser ses taux, selon certains économistes.
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Lors de la dernière réunion de décembre, les avis ont divergé sur l'inflation au sein du conseil des gouverneurs de l'institution, avec de longs échanges sur les risques à la hausse et à la baisse des prix.
La Banque d'Angleterre devrait laisser son taux directeur inchangé jeudi, à 3,75 %, en raison d'une inflation et d'une croissance des salaires encore élevées au Royaume-Uni, malgré une timide éclaircie économique. La banque centrale britannique optera certainement pour le statu quo « dans un contexte de signaux contradictoires concernant la situation économique et l'inflation », estime Neil Wilson, analyste chez Saxo Markets. L'inflation a progressé en décembre au Royaume-Uni pour la première fois depuis cinq mois, à 3,4 % sur un an, un chiffre supérieur aux prévisions et largement au-dessus de la cible de 2 % visée par la BoE.