Invité du « Grand Jury » RTL, Gérard Larcher, le président du Sénat a mis en garde contre toute remise en cause de la réforme des retraites et défendu le rôle du Sénat dans l’examen du budget 2025.Alors que le gouvernement peine à rassembler une majorité pour faire adopter le budget 2025, Gérard Larcher a rappelé ce dimanche sur RTL que la Haute Assemblée « n’entend pas céder à la précipitation ».
« Le Sénat veut travailler sur le fond, aussi bien sur le projet de loi de finances que sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale », a déclaré le président du Sénat, qui refuse d’ajuster le calendrier parlementaire sous la pression du gouvernement.
Cette mise au point intervient au lendemain de la proposition de Marine Le Pen, qui a appelé l’exécutif à suspendre la réforme des retraites via une lettre rectificative au projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS). Une option juridiquement fragile, qui, en cas de blocage, pourrait théoriquement conduire le gouvernement à recourir à des ordonnances – un scénario inédit sous la Ve République.
« Suspendre la réforme des retraites, c'est condamner les nouvelles générations »
Sur la question des retraites, Gérard Larcher s’est montré inflexible : « Suspendre la réforme, revenir en arrière, c’est d’abord condamner les nouvelles générations à ne pas avoir de retraite. C’est une responsabilité sur nos enfants et nos petits-enfants. » Et d’ajouter : « Depuis cinq ans, chaque année, la majorité sénatoriale a voté cette réforme. Y renoncer serait une faute politique et morale. »
Tout en affirmant comprendre la situation politique délicate du Premier ministre Sébastien Lecornu, le président du Sénat a pointé la responsabilité d’Emmanuel Macron : « C’est d’abord le président de la République qui a renoncé à une des deux réformes qui avaient marqué ces huit années de mandat. »