Avec un nombre record d’entreprises liquidées et des plans sociaux en forte hausse, l’économie girondine a connu une année 2025 difficile. Comme dans le reste du pays, l’inquiétude reste de mise pour 2026 compte tenu du contexte politique national et international.L'année 2024 s’était déjà conclue sur un niveau jamais vu de procédures collectives, avec 1 740 ouvertures, et à la clé 62 % de liquidations judiciaires, enregistrées par le tribunal de commerce de Bordeaux. Une flambée de 30 % sur un an qui était liée à la fois au ralentissement de l’économie et au rattrapage post-Covid.
Mais ce niveau a encore été dépassé en 2025 pour atteindre un nouveau record historique avec pas moins de 1 816 ouvertures de procédures collectives ouvertes l’an dernier (+3,7 % sur un an) dont 1 123 liquidations judiciaires (+2,8 %). Les trois chambres du tribunal continuent à tourner à plein régime. Seul signe rassurant, les liquidations directes n’augmentent pas plus rapidement que le nombre global de procédures.
Déflagration sanitaire puis crise parlementaire
« Nous sommes arrivés sur un plateau. La déflagration de l’après-Covid qui a beaucoup pesé en 2024 est désormais derrière nous », analyse Philippe Passault, le nouveau président du tribunal de commerce de Bordeaux. « Il reste que la crise parlementaire continue à peser sur l’économie : les chefs d’entreprise sont en manque de confiance, ils ne bougent plus, n’investissent plus. »
La tendance est plus inquiétante à l’échelle de la Gironde dont l’économie est frappée par la crise viticole. Avec 2 034 procédures collectives, la hausse est de 4,6 % sur un an et même de 5,7 % pour les liquidations judiciaires prononcées. Et dans le même temps, seulement 31 000 entreprises ont été créées en Gironde, un total en baisse de -17 % sur un an. La tendance est similaire au niveau national avec un pic record estimé entre 68 000 et 70 000 défaillances d’entreprises en 2025.