Guedj (PS) souhaite un budget avant le 31 décembre
latribune.fr
Le député PS de l’Essonne a jugé possible l’adoption du budget de l’État avant le 31 décembre, refusant de considérer comme inévitable le recours à une loi spéciale.
Photographer - Quentin de Groeve / Hans Lucas v - Quentin de Groeve / Hans Lucas - Quentin de Groeve
Alors que le risque d’une loi spéciale plane sur la fin d’année, le député PS Jérôme Guedj estime qu’un accord reste possible sur le budget de l’État. En désaccord avec la ligne plus prudente d’Olivier Faure, il plaide pour poursuivre les discussions et se dit ouvert, à titre personnel, à un vote favorable si un compromis émerge.
Pour Jérôme Guedj, rien n’est encore joué. Invité de Radio J dimanche, le député PS de l’Essonne a jugé possible l’adoption du budget de l’État avant le 31 décembre, refusant de considérer comme inévitable le recours à une loi spéciale. « Je pense que c’est encore possible de pratiquer cette recherche de compromis. À la fin, si ce n’est pas possible, on en tirera les conséquences. Mais je me refuse à dire que dès à présent, on est certain qu’on aura une loi spéciale », a-t-il affirmé.
Chef de file du groupe socialiste sur le budget de la Sécurité sociale, récemment adopté en nouvelle lecture à l’Assemblée nationale, Jérôme Guedj met en garde contre un scénario qu’il juge contre-productif. « C’est de la perte de temps… Et puis surtout, en janvier, il faut à nouveau se mettre autour de la table pour examiner un budget. Qu’est-ce qui aura changé entre janvier et décembre ? », interroge-t-il.
Désaccord assumé avec Olivier Faure
Cette position tranche avec celle du premier secrétaire du PS, Olivier Faure, qui a estimé vendredi dans Libération qu’il serait difficile « d’éviter une loi spéciale en fin d’année », avant une reprise des discussions début 2026. Jérôme Guedj assume ce désaccord stratégique, préférant laisser sa chance à la séquence parlementaire à venir.
Le Sénat doit en effet adopter lundi une version profondément remaniée du projet de budget, après le rejet quasi unanime du texte par l’Assemblée nationale en novembre. Une commission mixte paritaire, réunissant sept députés et sept sénateurs, est prévue vendredi, avec l’objectif de dégager un compromis susceptible d’être soumis aux deux chambres le 23 décembre. « Regardons si, pendant ces deux ou trois jours de discussion, il y a moyen de se mettre d’accord », plaide le député.
Sur le fond, Jérôme Guedj défend un renforcement des recettes fiscales. Il évoque notamment une possible hausse de la taxation des holdings ou la prolongation de la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises, pour un rendement de l’ordre de 8 milliards d’euros, comme en 2025. Le gouvernement a proposé de diviser par deux cette surtaxe sur l’impôt sur les sociétés en 2026, tandis que le Sénat l’a supprimée. Côté dépenses, le député s’oppose fermement à la suppression de 4 000 postes dans l’Éducation nationale et aux coupes envisagées dans le fonds vert consacré à la transition énergétique.
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À rebours de la position officielle du PS, qui exclut un vote favorable sur le budget, Jérôme Guedj se dit ouvert, « à titre personnel », à soutenir le texte si un compromis acceptable est trouvé. Il reconnaît toutefois que « le plus probable, en effet, c’est qu’on aille vers l’abstention ».